La puissance et l’attractivité de l’Etat Islamique préoccupe l’Etat-major des armées

Source: Reuters Tous Droits Réservés

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« Daech n’est plus seulement aux portes de l’Europe, mais il en a franchi le seuil. », voici la crainte de l’Etat-major des armées au sujet de l’Etat Islamique en Irak et au Levant. Interrogé, le chef de l’Etat-major de l’armée de Terre, le Général Jean-Pierre Bosser estime que « La rapidité avec laquelle ce mouvement parvient à accroître ses effectifs et à diversifier son matériel est très préoccupante ».

(l’article original ici: http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/20141119tribf4334247d/la-puissance-et-l-attractivite-de-daech-sont-tres-preoccupantes-etat-major-des-armees.html)

Les chefs d’Etats-majors et généraux des armées suivent de près le dossier de l’Etat Islamique et son armement. La puissance et l’attractivité de Daech inquiète, ses effectifs étant évalués à 25.000 jihadistes, qui disposent de blindés. Le général Jean-Pierre Bosser, chef de l’Etat-major de l’armée de Terre a expliqué aux sénateurs que l’Etat Islamique « ne constitue pas qu’un groupe terroriste mais bien une armée qui manœuvre, qui communique, qui s’appuie sur des équipements performants et poursuit des objectifs stratégiques, avec une volonté expansionniste affichée ».

Pour le chef de l’Etat-major des Armées, le général Pierre de Villiers, « Les djihadistes de Daech représentent une véritable armée terroriste composée d’hommes expérimentés, bien équipés et disposant de ressources financières importantes ». Guy Tessier, député UMP des Bouches-du-Rhône, dans son projet pour la loi de finances 2015, estime que Daech exerce une forte attraction qui attire tous les jihadistes du globe à combattre en Irak et en Syrie.

Selon le général Bosser, « la rapidité avec laquelle ce mouvement parvient à accroître ses effectifs et à diversifier son matériel est très préoccupante ». En effet, les percées de Daech contre l’armée irakienne lui ont permis d’obtenir  des équipements relativement lourds et modernes. De plus, les jihadistes bénéficient de ressources financières importantes, en stock et en flux conséquent, grâce à l’exploitation des puits de pétrole, des postes frontaliers et des barrages dont ils se sont emparés. Le problème n’est donc pas seulement militaire. L’EIIL a des points d’approvisionnement financiers qui permettent de maintenir leur force sur le terrain. En plus des 450 millions de dollars récupérés dans les banques de Mossoul, ils peuvent compter sur le pétrole des puits qu’ils ont capturé, et qu’ils vendent à des prix dérisoires.

« La lutte sera longue et il faudra gérer au mieux la pression du temps court, dans nos sociétés actuelles qui exigeront des résultats rapides », estime le Général Pierre de Villiers. Dans ce contexte, la France a, selon le CEMA, « besoin d’une vision stratégique militaire qui intègre les objectifs militaires, mais aussi politiques, diplomatiques et psychologiques. Pour réussir, notre plan de campagne devra donc être global ».

Mais la lutte ne se situe pas seulement en Irak et en Syrie. Elle va aussi se mener en Europe. Plus de 1000 combattants partis faire le jihad au Moyen-Orient sont revenus au sein de l’espace Schengen. Ceci constitue une menace extrêmement sérieuse pour l’Europe et la France. « L‘adversaire n’est plus seulement aux portes de l’Europe, il en a franchi le seuil ». Il faut donc songer, au plus vite, à recentrer les prérogatives de l’armée de Terre sur le territoire national, pour faire face, avec les forces de sécurité, à toutes les menaces qui pèsent sur le pays, dont celles qui étaient confinées à l’extérieur ces 20 dernières années, et qui menacent aujourd’hui d’éclater à l’intérieur.

Cette situation doit nous rappeler que la défense de la nation passe par la sécurité extérieure et la sécurité intérieure, et les deux sont liées. Le retour de ces jihadistes va constituer un défi pour la sécurité des français, et des européens. Ne perdons pas de vue que des actes de violence armés, isolés pour le moment, liés au terrorisme ont déjà eu malheureusement lieu sur le territoire européen, et récemment, avec Mohammed Merah en France en 2012 et Medhi Nemmouche en Belgique en 2013. (édito 10/01/2015: notons aussi les actes des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly cette semaine)

Ainsi, le CEMA et le CEMAT estiment très justement que l’envergure des défis sécuritaires d’aujourd’hui justifient durablement l’action à la fois à l’extérieur et à l’intérieur des frontières nationales. La situation au Moyen-Orient nécessite que l’on mette l’accent sur l’indispensable autonomie d’appréciation de situation tactique et stratégique des armées, et leur capacité d’intervention. Il faut donc donner les moyens nécessaires aux forces, notamment dans les capacités de renseignement et de cyber-défense, pour remplir les contingences de défense et de protection de la nation.

Flavien Gouabault

 

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