L’armée irakienne avance face à l’Etat Islamique

Source: REUTERS/Stringer Tous Droits Réservés

Source: REUTERS/Stringer
Tous Droits Réservés

En une semaine, les forces de sécurité irakiennes ont fait reculer les djihadistes de l’Etat Islamique dans trois secteurs sunnites. Une percée possible grâce à l’appui américain aux milices chiites.

(L’article original ici: http://www.lefigaro.fr/international/2014/11/17/01003-20141117ARTFIG00314-en-irak-l-armee-avance-face-a-daech.php )

Samedi dernier, le 15 novembre, l’armée irakienne a réussi à briser le siège que les jihadistes de l’Etat Islamique avaient installé autour de la raffinerie de pétrole de Baiji, située à 200km au nord de Bagdad. Cette raffinerie, véritable point stratégique, était convoitée depuis le début de l’offensive terroriste, en Juin dernier,  dans le but de conquérir la partie sunnite d’Irak.

La raffinerie, produisant 300.000 barils par jour, a été récupérée intacte. C’est une véritable victoire pour les forces armées irakiennes, particulièrement après la débâcle des quatre divisions qui ont fui face aux jihadistes qui ont pris le nord et l’ouest du pays.

Ce succès est le troisième de la semaine, après la reprise du barrage d’Adhaim, mercredi 14, et la reprise de la ville de Baiji, vendredi 16. Ces succès ont été salués par le chef d’Etat-major interarmes américain, le Général Martin Dempsey, et le Ministre des Affaires Etrangères français, Laurent Fabius. Des éloges qui contrebalancent les propos amères de François Hollande, à propos de l’inefficacité de l’armée irakienne face à l’Etat Islamique. Sans avoir toutefois tort, il est vrai que l’armée irakienne accuse des failles dans sa structure, ce qui peut laisser sceptique quant à sa capacité à chasser du territoire irakien efficacement, in fine, des terroristes fortement armés et déterminés.

Mais ces quelques victoires ne sont pas dues aux efforts de seule l’armée irakienne. Elle est accompagné de milices chiites et de tribus sunnites, et épaulée par l’appui aérien occidental, et notamment américain. Des chasseurs, mais aussi des hélicoptères de combat, des Apaches, sont déployés. D’après un ancien militaire français reconverti dans la sécurité privée en Irak, la présence d’Apaches indique su’il y a très certainement des troupes au sol pour guider leurs frappes. L’engagement américain se fait de plus en plus visible, et bien que Washington, ainsi que Londres et Paris, refusent de déployer des troupes conventionnelles sur le terrain, la force occidentale se fait plus présente. A noter une cinquantaine de soldats américains déployés hors de Bagdad dans la base d’Ein Assad, dans le nord du pays, 3000 conseillers détachés dans l’armée irakienne, et des forces spéciales chargées de traquer les chefs de l’EIIL, Baghdadi en tête. On peut aussi mentionner des forces spéciales françaises déployées pour former les Peshmergas, et des membres de SAS britanniques chargés de détruire des convois, entre autres.

Les frappes américaines affaiblissent sérieusement les lignes de ravitaillement et les convois des islamistes, qui ont de plus en plus de difficultés à se déplacer.

Cependant, cet amalgame de forces locales pose problème aux américains. Les combattants de la Force Badr et du Hezbollah irakien sont fréquemment accusés d’exactions contre les civils sunnites, et doivent battre en retraite pour que les sunnites libérés rejoignent l’armée. Mais après la décapitation du gouvernement de Saddam Hussein, il y a 10 ans, et la chasse aux officiers, l’armée manque aujourd’hui d’éléments et de cadres compétents pour diriger l’armée. Les forces de sécurité ne peuvent donc pas se passer de ces supplétifs chiites, venus de milices dirigées par la Force Al-Qods iranienne, et indispensables à la défense de la capitale.

Le Premier Ministre irakien, Haïdar Al-Abadi, dans le but de rallier les sunnites, méfiants vis-à-vis de l’armée, de ses cadres et de la corruption, et sans qui il ne sera pas possible de vaincre l’Etat Islamique, à décidé de limoger 26 officiers supérieurs et généraux, ainsi que d’en mettre 10 à la retraite. Il a aussi accordé une marge de manœuvre importante aux conseillers américains. Verdict: environ la moitié des 250.000 soldats irakiens seulement sont fiables face à l’EIIL, et l’armée n’est pas encore capable de reprendre Mossoul, a deuxième ville du pays. . Les 20.000 combattants des tribus sunnites doivent recevoir une instruction militaire avant de pouvoir être déployés et aider les américains. Il reste encore fort à faire avant d’éliminer l’Etat Islamique et sécuriser le pays.

Flavien Gouabault

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s