Kim Yo-jong, un membre de la dynastie supplémentaire associé au pouvoir en Corée du Nord

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Le 27 novembre, l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA a révélée le grade qu’occupe Kim Yo-jong, la soeur de l’actuel dirigent du pays Kim Jong-un. Elle est désignée comme directrice adjointe au comité central du parti des travailleurs, le parti politique de la famille Kim.

 

Kim Yo-jong serait âgée de 27 ans et comme son frère, elle aurait été élevée à Berne en Suisse. Elle apparaît à plusieurs reprises aux côtés de son frère en visite ou lors d’événements politiques. Kim Yo-song pourrait être amenée à jouer un rôle important au sein du régime nord-coréen, en effet sa tante Kim Kyong-hui a disparue de la scène publique depuis septembre 2013. Celle-ci était une l’icone féminine du pays et parfois même appelée comme étant la numéro deux du régime. Il s’agissait surtout de la dernière descendante directe du premier dictateur nord-coréen Kim Il-sung puisqu’elle était sa fille.

Un régime totalitaire dynastique 

Kim Il-sung est le premier dirigeant nord-coréen, il a régné sur ce pays de 1948 jusqu’à sa mort en 1994. Il est désigné comme le « président éternel » ou même le « professeur de l’humanité toute entière » et à sa mort, après trois années de deuil national, son fils prend sa succession : Kim Jong-il. Ce dernier continu la politique d’isolement vis à vis de l’extérieur qu’avait initié son père, et meurt en 2011. L’actuel dirigeant nord-coréen prend alors sa place, son fils Kim Jong-un devient, comme son père et son grand-père, un dictateur de la Corée du Nord, permettant à sa famille de régner sans partage sur ce pays depuis trois générations.

La population nord-coréenne est estimée à environ 24 millions d’habitants dont 9 millions seraient engagés dans les forces armées ce qui fait de ce pays, en terme de proportion par rapport à sa population totale, le pays le plus militarisé du monde. La Corée du Nord est également connue pour le développement d’un programme nucléaire et spatial afin « d’assurer sa propre défense ». Il faut rappeler également la situation de la frontière coréenne qui est une des plus surveillées du monde, en effet n’ayant pas signé de traité de paix à la suite de la guerre de Corée (1950-1953), juridiquement les deux pays sont toujours en guerre. De plus, un autre aspect permet de décrire ce régime comme étant totalitaire : la Corée du Nord détient selon un rapport de l’ONU entre 80 000 et 120 000 prisonniers politiques.

Kim Jong-un, le numéro un nord-coréen

Il y a environ un an en décembre 2013, Kim Jong-un s’est fait remarqué pour avoir assassiné son oncle Chang Song-taek, (le mari de Kim Kyong-hui citée précédemment) qui était supposé être son mentor. Il a été accusé de « crime contre le Parti », on sait d’après l’agence officielle nord-coréenne KCNA qu’il aurait tenté de détrôner l’actuel dictateur : «avoir tenté de renverser l’Etat par toutes sortes d’intrigues et de méthodes méprisables, avec l’ambition frénétique de s’emparer du pouvoir suprême de notre parti et de notre État».

Le pouvoir de Kim Jong-un a dernièrement été entaché de nombreuses rumeurs, en effet le dirigeant nord-coréen n’est pas apparu en public entre septembre et octobre 2014 et avait mystérieusement disparu. Une des rumeurs prétendait même que c’était sa soeur Kim Yo-jong qui avait pris sa place. Quoiqu’il en soit la désignation de cette dernière comme étant directrice adjointe au comité central du parti des travailleurs prouve son ascension au sein du régime et ré-affirme la main mise qu’à la famille Kim sur ce pays. Malgré le manque de source au sujet de la Corée du Nord et les suppositions qui vont bon train, les faits sont explicites : la dynastie des Kim est omniprésente et contrôle le pouvoir.

 

Nicolas MORISSET

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Le pape François au chevet de l’Europe

Pope Francis addresses the European Parliament in Strasbourg(c) DR

Le mardi 25 novembre, le pape François se rend devant le Parlement Européen et le Conseil de l’Europe. Il y encourage le projet européen.

Pour la première depuis vingt-six ans, le pape est invité par s’exprimer devant le Parlement Européen. Un moment historique pour trois raisons : le dernier pape a s’y être rendu était Jean-Paul II ; il s’agit aussi de la première visite d’un pape non-européen devant cette institution européenne ; et enfin, c’est l’un des voyages pontificaux à l’étranger les plus courts de l’Histoire. En effet, le déplacement n’a duré que quatre heures. Mais dans ce laps de temps, le pape François a eu le temps de faire passer un message à la fois critique et encourageant vis-à-vis du projet européen.

L’appel à se ressaisir :

Dans une grande partie de son allocution, le pape argentin exhorte l’Europe au réveil. Il dresse un état de lieux du projet européen qu’il juge replié sur lui-même, mal vu du reste du monde. « D’un peu partout on a une impression générale de fatigue et de vieillissement, d’une Europe grand-mère et non plus féconde et vivante » tranche le Saint-Père. Mais il critique aussi un détachement des peuples européens eux-mêmes : « Les grands idéaux qui ont inspiré l’Europe semblent avoir perdu leur force attractive ». Cependant, le pape François cherche à encourager le projet européen, qui n’est pas finit pour lui et qui est sous la menace des eurosceptiques. Il soutient un retour aux fondamentaux, aux pères fondateurs, en plaçant l’Homme au cœur du projet européen. Il rejette une Europe qui ne serait qu’économique, et affirme que la construction européenne ne peut que se poursuivre en intégrant pleinement une vision culturelle et anthropologique de l’Europe : « On constate avec regret une prévalence des questions techniques et économiques au centre du débat politique, au détriment d’une authentique orientation anthropologique ».

Condamnation indirecte de l’euthanasie et de l’avortement

Mais si l’Europe est centre de son discours, le pape n’oublie pas de rappeler indirectement les positions de l’Église, principalement quand il évoque l’anthropologie qu’il souhaite voir au centre du projet européen. Il rejette indirectement l’euthanasie et l’avortement : « […] lorsque la vie n’est pas utile au fonctionnement de ce mécanisme elle est éliminée sans trop de scrupule comme dans le cas des malades en phase terminale, des personnes âgées abandonnées et sans soin, ou des enfants tués avant de naître ».

Un diplomate plus qu’un pasteur :

Tout au long de son allocution, il semble que le pape se place plus en diplomate qu’en pasteur. Il évoque très peu la religion catholique, et ne cite le terme « Dieu », en tout et pour tout, que trois fois. Même si tout son discours est teinté de notion religieuse, il n’est pas le pasteur que beaucoup craignaient voir. C’est le représentant politique d’un État qui tend la main à l’Europe, et souhaite qu’il y ait une collaboration entre les instances européennes, et son État. « Je désire donc renouveler la disponibilité du Saint-Siège […] pour entretenir un dialogue profitable, ouvert et transparent avec les institutions de l’Union Européenne » déclare-t-il, avant de conclure : « l’heure et venue de construire ensemble l’Europe ».

Vingt-six ans après un pape venu de « l’autre côté du mur », c’est un argentin qui tente de secouer l’Europe. Cette dernière doit-elle toujours attendre « un étranger » pour se souvenir de ses bases ?

François VOUTIER

La puissance et l’attractivité de l’Etat Islamique préoccupe l’Etat-major des armées

Source: Reuters Tous Droits Réservés

Source: Reuters
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« Daech n’est plus seulement aux portes de l’Europe, mais il en a franchi le seuil. », voici la crainte de l’Etat-major des armées au sujet de l’Etat Islamique en Irak et au Levant. Interrogé, le chef de l’Etat-major de l’armée de Terre, le Général Jean-Pierre Bosser estime que « La rapidité avec laquelle ce mouvement parvient à accroître ses effectifs et à diversifier son matériel est très préoccupante ».

(l’article original ici: http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/20141119tribf4334247d/la-puissance-et-l-attractivite-de-daech-sont-tres-preoccupantes-etat-major-des-armees.html)

Les chefs d’Etats-majors et généraux des armées suivent de près le dossier de l’Etat Islamique et son armement. La puissance et l’attractivité de Daech inquiète, ses effectifs étant évalués à 25.000 jihadistes, qui disposent de blindés. Le général Jean-Pierre Bosser, chef de l’Etat-major de l’armée de Terre a expliqué aux sénateurs que l’Etat Islamique « ne constitue pas qu’un groupe terroriste mais bien une armée qui manœuvre, qui communique, qui s’appuie sur des équipements performants et poursuit des objectifs stratégiques, avec une volonté expansionniste affichée ».

Pour le chef de l’Etat-major des Armées, le général Pierre de Villiers, « Les djihadistes de Daech représentent une véritable armée terroriste composée d’hommes expérimentés, bien équipés et disposant de ressources financières importantes ». Guy Tessier, député UMP des Bouches-du-Rhône, dans son projet pour la loi de finances 2015, estime que Daech exerce une forte attraction qui attire tous les jihadistes du globe à combattre en Irak et en Syrie.

Selon le général Bosser, « la rapidité avec laquelle ce mouvement parvient à accroître ses effectifs et à diversifier son matériel est très préoccupante ». En effet, les percées de Daech contre l’armée irakienne lui ont permis d’obtenir  des équipements relativement lourds et modernes. De plus, les jihadistes bénéficient de ressources financières importantes, en stock et en flux conséquent, grâce à l’exploitation des puits de pétrole, des postes frontaliers et des barrages dont ils se sont emparés. Le problème n’est donc pas seulement militaire. L’EIIL a des points d’approvisionnement financiers qui permettent de maintenir leur force sur le terrain. En plus des 450 millions de dollars récupérés dans les banques de Mossoul, ils peuvent compter sur le pétrole des puits qu’ils ont capturé, et qu’ils vendent à des prix dérisoires.

« La lutte sera longue et il faudra gérer au mieux la pression du temps court, dans nos sociétés actuelles qui exigeront des résultats rapides », estime le Général Pierre de Villiers. Dans ce contexte, la France a, selon le CEMA, « besoin d’une vision stratégique militaire qui intègre les objectifs militaires, mais aussi politiques, diplomatiques et psychologiques. Pour réussir, notre plan de campagne devra donc être global ».

Mais la lutte ne se situe pas seulement en Irak et en Syrie. Elle va aussi se mener en Europe. Plus de 1000 combattants partis faire le jihad au Moyen-Orient sont revenus au sein de l’espace Schengen. Ceci constitue une menace extrêmement sérieuse pour l’Europe et la France. « L‘adversaire n’est plus seulement aux portes de l’Europe, il en a franchi le seuil ». Il faut donc songer, au plus vite, à recentrer les prérogatives de l’armée de Terre sur le territoire national, pour faire face, avec les forces de sécurité, à toutes les menaces qui pèsent sur le pays, dont celles qui étaient confinées à l’extérieur ces 20 dernières années, et qui menacent aujourd’hui d’éclater à l’intérieur.

Cette situation doit nous rappeler que la défense de la nation passe par la sécurité extérieure et la sécurité intérieure, et les deux sont liées. Le retour de ces jihadistes va constituer un défi pour la sécurité des français, et des européens. Ne perdons pas de vue que des actes de violence armés, isolés pour le moment, liés au terrorisme ont déjà eu malheureusement lieu sur le territoire européen, et récemment, avec Mohammed Merah en France en 2012 et Medhi Nemmouche en Belgique en 2013. (édito 10/01/2015: notons aussi les actes des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly cette semaine)

Ainsi, le CEMA et le CEMAT estiment très justement que l’envergure des défis sécuritaires d’aujourd’hui justifient durablement l’action à la fois à l’extérieur et à l’intérieur des frontières nationales. La situation au Moyen-Orient nécessite que l’on mette l’accent sur l’indispensable autonomie d’appréciation de situation tactique et stratégique des armées, et leur capacité d’intervention. Il faut donc donner les moyens nécessaires aux forces, notamment dans les capacités de renseignement et de cyber-défense, pour remplir les contingences de défense et de protection de la nation.

Flavien Gouabault

 

L’armée irakienne avance face à l’Etat Islamique

Source: REUTERS/Stringer Tous Droits Réservés

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En une semaine, les forces de sécurité irakiennes ont fait reculer les djihadistes de l’Etat Islamique dans trois secteurs sunnites. Une percée possible grâce à l’appui américain aux milices chiites.

(L’article original ici: http://www.lefigaro.fr/international/2014/11/17/01003-20141117ARTFIG00314-en-irak-l-armee-avance-face-a-daech.php )

Samedi dernier, le 15 novembre, l’armée irakienne a réussi à briser le siège que les jihadistes de l’Etat Islamique avaient installé autour de la raffinerie de pétrole de Baiji, située à 200km au nord de Bagdad. Cette raffinerie, véritable point stratégique, était convoitée depuis le début de l’offensive terroriste, en Juin dernier,  dans le but de conquérir la partie sunnite d’Irak.

La raffinerie, produisant 300.000 barils par jour, a été récupérée intacte. C’est une véritable victoire pour les forces armées irakiennes, particulièrement après la débâcle des quatre divisions qui ont fui face aux jihadistes qui ont pris le nord et l’ouest du pays.

Ce succès est le troisième de la semaine, après la reprise du barrage d’Adhaim, mercredi 14, et la reprise de la ville de Baiji, vendredi 16. Ces succès ont été salués par le chef d’Etat-major interarmes américain, le Général Martin Dempsey, et le Ministre des Affaires Etrangères français, Laurent Fabius. Des éloges qui contrebalancent les propos amères de François Hollande, à propos de l’inefficacité de l’armée irakienne face à l’Etat Islamique. Sans avoir toutefois tort, il est vrai que l’armée irakienne accuse des failles dans sa structure, ce qui peut laisser sceptique quant à sa capacité à chasser du territoire irakien efficacement, in fine, des terroristes fortement armés et déterminés.

Mais ces quelques victoires ne sont pas dues aux efforts de seule l’armée irakienne. Elle est accompagné de milices chiites et de tribus sunnites, et épaulée par l’appui aérien occidental, et notamment américain. Des chasseurs, mais aussi des hélicoptères de combat, des Apaches, sont déployés. D’après un ancien militaire français reconverti dans la sécurité privée en Irak, la présence d’Apaches indique su’il y a très certainement des troupes au sol pour guider leurs frappes. L’engagement américain se fait de plus en plus visible, et bien que Washington, ainsi que Londres et Paris, refusent de déployer des troupes conventionnelles sur le terrain, la force occidentale se fait plus présente. A noter une cinquantaine de soldats américains déployés hors de Bagdad dans la base d’Ein Assad, dans le nord du pays, 3000 conseillers détachés dans l’armée irakienne, et des forces spéciales chargées de traquer les chefs de l’EIIL, Baghdadi en tête. On peut aussi mentionner des forces spéciales françaises déployées pour former les Peshmergas, et des membres de SAS britanniques chargés de détruire des convois, entre autres.

Les frappes américaines affaiblissent sérieusement les lignes de ravitaillement et les convois des islamistes, qui ont de plus en plus de difficultés à se déplacer.

Cependant, cet amalgame de forces locales pose problème aux américains. Les combattants de la Force Badr et du Hezbollah irakien sont fréquemment accusés d’exactions contre les civils sunnites, et doivent battre en retraite pour que les sunnites libérés rejoignent l’armée. Mais après la décapitation du gouvernement de Saddam Hussein, il y a 10 ans, et la chasse aux officiers, l’armée manque aujourd’hui d’éléments et de cadres compétents pour diriger l’armée. Les forces de sécurité ne peuvent donc pas se passer de ces supplétifs chiites, venus de milices dirigées par la Force Al-Qods iranienne, et indispensables à la défense de la capitale.

Le Premier Ministre irakien, Haïdar Al-Abadi, dans le but de rallier les sunnites, méfiants vis-à-vis de l’armée, de ses cadres et de la corruption, et sans qui il ne sera pas possible de vaincre l’Etat Islamique, à décidé de limoger 26 officiers supérieurs et généraux, ainsi que d’en mettre 10 à la retraite. Il a aussi accordé une marge de manœuvre importante aux conseillers américains. Verdict: environ la moitié des 250.000 soldats irakiens seulement sont fiables face à l’EIIL, et l’armée n’est pas encore capable de reprendre Mossoul, a deuxième ville du pays. . Les 20.000 combattants des tribus sunnites doivent recevoir une instruction militaire avant de pouvoir être déployés et aider les américains. Il reste encore fort à faire avant d’éliminer l’Etat Islamique et sécuriser le pays.

Flavien Gouabault