Commémoration de l’attentat du Drakkar au Liban

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Il y a 31 ans, la France était en deuil. Le 23 octobre 1983, 55 parachutistes du 1er régiment de chasseurs parachutistes (1er RCP) et 3 parachutistes du 9e régiment de chasseurs parachutistes (9e RCP) trouvaient la mort au Liban, lors de l’attentat sur l’immeuble du Drakkar.

Le dimanche 23 octobre 1983, un jour qui reste gravé dans la mémoire de nos soldats

En pleine guerre du Liban, deux attentats quasi-simultanés frappent les contingents américain et français de la Force multinationale de sécurité à Beyrouth. Ces attentats furent revendiqués par le Hezbollah et le Mouvement de la révolution islamique. Les nations occidentales assistent sans comprendre à la naissance du jihad islamique, nouveau mode de terrorisme. Certains pensent à la Syrie et à l’Iran, d’autres évoquent l’influence soviétique. Le double-attentat du 23 octobre 1983 est pourtant aussitôt revendiqué en des termes clairs par des nébuleuses, l’Organisation du jihad islamiste et le Mouvement de la révolution islamique libre. On ne parle pas encore du Hezbollah (chiite libanais), né un an plus tôt mais qui ne se rendra public qu’en 1985.

L’enquête suite à l’attentat du Drakkar pour éclaircir les zones d’ombre

Ce triste épisode soulève encore des interrogations qui ne trouvent pas de réponse. En effet, la thèse officielle de l’attentat a toujours été celle de deux camionnettes bourrées d’explosifs, la première venant percuter la siège des marines, tuant 241 soldats américains; la seconde, explosant contre l’immeuble Drakkar quelques instants plus tard. Ainsi, la thèse de la camionnette est critiquée, comme celle des tirs suivant le premier attentat contre le siège des marines. Certains émettent la thèse du bâtiment miné, ce que réfute l’enquête du commandement et l’enquête de l’inspection générale de l’armée. Pour eux, cette thèse est inenvisageable, car la charge explosive pesait 1,4 tonnes, impossible à dissimuler dans le Drakkar, compte tenu de toutes les mesures de précaution prisent par les services de sécurité. Des témoins de l’époque n’auraient cependant pas été entendus, et c’est bien là le problème majeur de l’enquête, comme le rapporte le journal le Monde dans son article dédié à la commémoration de l’attentat.

La commémoration, symbole de renforcement du lien armée-nation

Ce drame a été traumatisant pour l’armée française, qui avec les États-unis ont accusé le Hezbollah et l’Iran d’être les auteurs de cet acte. François Mitterrand s’est ainsi rendu sur place dès le lendemain pour apporter son soutien au contingent français. L’explosion du Drakkar reste pour l’armée française le bilan meurtrier le plus lourd en une seule journée depuis la fin de la guerre d’Indochine en 1954. Il est à noter que le 31e anniversaire de l’attentat du Drakkar a été commémorer par le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian, le secrétaire d’État des Anciens combattants et de la mémoire ainsi que le chef d’État-major de l’armée de Terre; qui ont reçu les militaires survivants et les familles des victimes.

 Maxime JEANNETEAU

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Difficile réélection pour Dilma Rousseff au Brésil

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L’héritière du charismatique président brésilien Lula a le week end dernier, 26 octobre 2014, été réélue pour un second mandat consécutif. Dilma Rousseff peut ainsi continuer la politique du Parti des Travailleurs à la tête du pays depuis 12 ans.

Cette élection a opposé la candidate sortante à Aécio Neves le candidat du parti de droite social-démocrate brésilien (PSDB). Cette dernière l’a emportée avec 51,64% des voies contre 48,36% pour son adversaire, ce qui fait de cette élection la plus disputée depuis la première élection présidentielle organisée au suffrage direct en 1989.

Les plus de 142 millions d’électeurs brésiliens se sont déplacés aux urnes puisque le vote est obligatoire et il s’est déroulé avec un incident notable : la mort d’un jeune homme de 20 ans devant un bureau de vote dans la ville de Mossoro qui se situe dans l’Etat de Rio Grande do Norte au nord-est du Brésil. Cependant selon la police locale, cette agression « n’a rien à voir avec l’élection », il s’agirait donc d’une vengeance personnelle.

Un contexte tendu

Cette élection particulièrement serrée au Brésil est sûrement due au contexte économique actuellement morose du Brésil : une croissance estimée à 0.7% pour l’année 2014. Ces dernières années le Brésil a assisté à une perte de croissance depuis l’année 2010 où la croissance s’élevait à 7.5%. C’est donc dans un contexte tendu que se déroulaient ces élections présidentielles au Brésil, on se souvient tous de l’image de ces manifestations au mois de mai de juin 2014 avant la Coupe du Monde de Football qui protestaient contre la tenue du mondial au Brésil.

La grande difficulté pour le Brésil à l’heure actuelle réside dans le fait de l’émergence d’une classe moyenne qui représente environ 100 millions de personnes. Avec les présidences de Lula puis dans la même perspective de réformes celle de Dilma Rousseff, il y a 40 millions de brésiliens qui sont sortis de la pauvreté. L’enjeu pour le Brésil est de contenter sa classe moyenne et ceci passe notamment par une amélioration des services publics. Les principales revendications portent sur une amélioration de l’enseignement public, dans le domaine de la santé également des progrès restent à faire. De même, les brésiliens veulent en finir avec la corruption qui reste présente dans les affaires du pays, par exemple l’affaire de corruption de la société Petrobras qui a envenimé la fin de la campagne présidentielle puisque plusieurs députés auraient eu affaire avec cette société pétrolière brésilienne… Dilma Rousseff devra donc engager son pays qui est la septième puissance économique mondiale dans des réformes internes où la population moyenne sortie de la pauvreté demande à s’épanouir.

Nicolas MORISSET

La Rand Corporation salue l’intervention française au Mali

Sources : EMA / Jérémy Lempin Droits : Ministère de la Défense Tous Droits Réservés

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Le think tank américain, Rand Corporation, a publié un rapport de 65 pages, intitulé France’s War in Mali: Lessons for an Expeditionnary Army (2014), faisant l’éloge de l’intervention de l’armée française au Mali. (Article original disponible ici: http://www.rand.org/pubs/research_reports/RR770.html)

D’après cette étude datant du 17 octobre 2014, l’Opération Serval est  un « modèle de guerre expéditionnaire pour des armées technologiquement avancées », et présente nombre de compétences voulues par le chef d’Etat-Major américain, le Général Raymond Odierno. En effet, le rapport souligne la capacité de l’armée française de pouvoir se déployer avec peu de moyens et ressources sur des terrains austères, et réussir à accomplir sa mission, en maintenant un niveau de pertes faible. Le chef d’Etat-Major américain envisage de construire une force expéditionnaire en prenant l’exemple sur l’organisation de l’armée française, en adaptant les budgets de l’armée pour les nécessités d’opérations extérieures. Tenter d’en faire plus avec moins, en somme.

La clef de l’efficacité française tiendrait, selon ce document, à la modularité des différents éléments des brigades, leur permettant de s’adapter aux différentes taches et terrain. L’armée fonctionne par de petits groupes interarmes, mobiles et adaptables, misant plus sur la mobilité, les blindés légers, en opération que sur la protection apportée par des moyens lourds. Ces groupements peuvent s’adapter, fonctionner à leur niveau, et sont aussi capables de se réorganiser en structures plus importantes, à l’échelle de brigades. Ce modèle de fonctionnement en GTIA (Groupement Tactique Interarmes) et SGTIA (Sous-Groupement Tactique Interarmes) a déjà prouvé son efficacité en Afghanistan, avec notamment le GTIA Kapisa, grâce aux officiers et sous-officiers formés pour faire fonctionner ces structures.

Cette organisation souple et mobile a permis à l’Etat-Major français de déployer ses troupes rapidement et sur un théâtre d’opérations lointain, « à l’extrême limite de ses capacités de déploiement », note le rapport. La prise de risques est acceptée, et entre en consensus avec la nécessité croissante d’interventions à l’extérieur.

Une autre force de l’armée soulignée par le rapport est sa capacité à travailler avec les populations locales. Différence majeure ici entre les forces armées américaine et française, les militaires français fonctionnent avec une logique de dialogue, pour tenter d’obtenir la coopération, même partielle, des populations et armées locales. Contrairement à une armée américaine qui ne se mêle que très peu à la population, et reste la majorité du temps hors missions cantonnée dans ses bases. Le gain en renseignements est tout à fait majeur, et ne peut s’obtenir qu’avec un travail humain et de proximité. Les drones ne peuvent remplacer cela. L’armée française fait donc le pari d’une « prise de risques élevée » pour obtenir des informations qui peuvent être essentielles. Une autre capacité française observée de près par le commandement américain.

Enfin, le rapport conclut en précisant que « l’armée française apparaît comme ayant une culture adaptée aux opérations extérieures, en particulier dans les environnements difficiles et avec des ressources limitées », et suggère à l’Army une série de recommandations, s’inspirant du modèle français, à étudier pour adapter leurs propres méthodes sur le terrain.

Gouabault Flavien

La théorie de Samuel Huntington est prouvée correcte avec la crise de Crimée

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La crise de Crimée en Ukraine avec la Russie illustre que la théorie de Samuel Huntington est courant toujours dans la politique d’aujourd’hui.

Dans le monde de science politique, nous avons tous déjà étudié la théorie de Samuel Huntington et le Choc des Civilisations (1996) où il parle des nouveaux conflits dans le monde basés sur les différences des idéologies et plus sur les conflits entre Etats.

Depuis le début de la crise en Ukraine en février 2014, cette théorie de nouveau conflit de Huntington est de nouveau prouvée.  Huntington dit qu’il y aura deux types des conflits dans le nouveau monde post-Soviétique: les micro conflits ou les conflits pour le territoire et les macro conflits ou les conflits d’idéologie et contrôle.  La situation en Ukraine actuellement est une représentation des deux types des conflits expliqués par Huntington.

En terme de micro conflit, ce conflit était une lutte pour le territoire de Crimée entre la Russie (où se trouvé la Crimée pendant la période Soviétique) et l’Ukraine (où elle se trouvait après la guerre froide).  Cette région est très importante pour les deux Etats car elle est la zone d’industrie en d’énergie en Ukraine, si l’Ukraine le perds pour le bon, elle aura du mal de s’en sortir sans aide dans ce secteur.

Plus importante par contre de ce micro conflit c’est le macro conflit qui incite les deux Etats de combattre.  Ce macro conflit est surtout un conflit d’idéologie suite à la demande d’Ukraine de joindre l’Union européen.  Même que la guerre froide est terminée, il y a toujours une différence des idéologies entre la Russie et les organisations de l’occident comme l’UE ou les Etats-Unis.  Si l’Ukraine réussit à joindre l’UE, la Russie aura perdu un ancien allié dans son idéologie.  La Russie a envahit la Crimée pour protéger ses intérêts: son idéologie et la population russophone.

Ces types de conflits sont loin d’être terminés.  Dans le politique d’aujourd’hui il faut attendre les conflits de Samuel Huntington et ne plus les conflits entre les Etats.

Annika GODEFROY