Le pape François confronté à l’éternel conflit israélo-palestinien

Vue de Jérusalem

Vue de Jérusalem

Le pape François a mené une visite symbolique ce dimanche 25 mai à Jérusalem, après être allé en territoire palestinien plus tôt dans la journée. Il s’y était recueilli au pied du mur de séparation qui traverse Bethléem, accueilli par le président Mahmoud Abbas et appelant à mettre fin à une « situation inacceptable, pour le bien de tous ».

Le pape en a profité pour inviter M. Abbas et le président israélien Shimon Pérès à prier pour la paix en Terre Sainte, les enjoignant de se rendre au Vatican. M. Abbas a accepté l’invitation dès dimanche, tandis que S. Pérès a déclaré le lendemain : « nous serons heureux de faire une prière dans notre maison ou la vôtre, à votre invitation et selon votre choix ». La date du 6 juin prochain est avancée. Le pape avait déjà souligné le droit pour le peuple palestinien d’« avoir une patrie souveraine et indépendante », provoquant ainsi la colère de l’extrême-droite israélienne. 26 activistes ont par ailleurs été placés en garde à vue lors d’une manifestation contre la venue du pape à Jérusalem, censé dispenser une messe sur le mont Sion le lundi 26 mai.

La réponse positive de Pérès ne convient pas aux positions intransigeantes affichées par le premier ministre de l’État, Benyamin Nétanyahou. Il ne serait pas étonnant de voir que la proposition ait été perçue comme une forme d’ingérence politique, comme cela a été le cas le 15 mai dernier, lorsque la ministre de la justice, Tzipi Livni, a rencontré M. Abbas à Londres, en présence de John Kerry. Il avait été rappelé que les négociations avaient pris fin en avril, après le rapprochement effectué par l’Autorité palestinienne avec le Hamas, et qu’Israël « ne négociera pas avec un gouvernement palestinien qui est soutenu par le Hamas ». Selon le quotidien Maariv, Mme Livni aurait même été proche d’un limogeage suite à la rencontre.

Dans la situation présente, il ne faut pas négliger les divergences apparues entre Nétanyahou et Pérès, qui se montre plus conciliant à l’égard des Palestiniens, étant même accusé de mener une diplomatie parallèle et de s’emparer du rôle normalement dévolu au premier ministre. Ces divergences se sont accrues récemment lorsque le Président a déclaré, sur une chaine de la télévision israélienne, qu’il y a trois ans, un accord aurait été presque conclu avec l’Autorité palestinienne, mais que la dernière réunion censée finaliser les négociations aurait été annulée par Nétanyahou. L’accord de paix, recherché depuis si longtemps maintenant, aurait ainsi été entravé par l’entremise du Premier ministre. Pérès se montre plus ouvert sur la question palestinienne, mais en dépit de sa venue prochaine à Rome, il ne faut pas oublier que son mandat présidentiel arrive à terme en juillet prochain.

La question d’un accord de paix israélo-palestinien reste d’actualité et le sera sans doute longtemps encore. Depuis le rapprochement réalisé entre l’Autorité palestinienne et le Hamas de Gaza, Israël a stoppé net le processus de négociations, refusant de traiter avec ceux qu’ils considèrent comme des terroristes. Les constructions illégales en Cisjordanie se poursuivent (l’organisation « La Paix Maintenant » a constaté une hausse dans les implantations de 70% pour le premier semestre 2013 !) et un dernier élément est à noter : la récente nouvelle de Nétanyahou concernant sa volonté d’inscrire le terme d’État juif dans la Constitution israélienne. Il a déclaré : « j’ai l’intention de soumettre une loi à la Knesset, qui constituera un ancrage constitutionnel pour le statut d’Israël comme Etat national pour le peuple juif », statut que rejetteraient immanquablement les Palestiniens sous peine de devoir renoncer au droit de retour des réfugiés. La prière à Rome ne modifiera pas la donne malgré sa portée symbolique, tant que le gouvernement israélien restera campé sur ses positions, qui de toute évidence sont défavorables à l’apparition d’un État palestinien voisin.

Déborah GUIDEZ

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/05/01/netanyahou-veut-ancrer-l-etat-juif-dans-la-loi-israelienne_4410342_3218.html

http://www.leparisien.fr/international/le-pape-francois-a-bethleem-vives-tensions-a-jerusalem-25-05-2014-3869501.php

http://www.lepoint.fr/monde/shimon-peres-accepte-l-invitation-du-pape-a-une-priere-commune-pour-la-paix-26-05-2014-1827970_24.php

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/05/26/le-pape-francois-court-circuite-benyamin-netanyahou-dans-le-processus-de-paix_4426024_3218.html

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