L’importance du plaidoyer pour la société civile burkinabé

Un exemple de CSB : celui de la commune de Pissila, effectif depuis 2011

Un exemple de CSB : celui de la commune de Pissila, effectif depuis 2011

La société civile du Burkina Faso s’organise. Dans un État qui n’a pas vu l’alternance politique depuis presque trois décennies, les OSC (organisations de la société civile) sont considérées comme un contre-pouvoir nécessaire et efficace. Leur pluralité leur permet de couvrir un grand nombre de causes et d’actions diverses ; toutes ont en commun de vouloir militer en faveur de la population, qui, rappelons-le, constitue l’une des plus démunies au monde.

Certaines des OSC burkinabés ont pris l’initiative, il y a quelques années, de créer des Comités de Suivi à la Base (communément appelés CSB). Ces structures ont pour objectif le suivi et l’évaluation des politiques publiques nationales, mais également le plaidoyer auprès des acteurs locaux, et ce afin de répondre aux besoins de la population, de mener des projets de développement ou de favoriser l’égalité entre les citoyens. C’est ainsi que le CSB de Kaya, chef-lieu de la région Centre-Nord, se mobilise actuellement afin de favoriser l’accès des personnes handicapées dans les lieux publics. Une quarantaine de services ont ainsi été ciblés, tels le gouvernorat, la mairie, le haut-commissariat etc. Une fois le recensement effectué, il s’agissait donc de contacter les endroits retenus afin de leur communiquer un questionnaire portant sur l’existence de trames d’accès au sein de leur service. Les membres du CSB, au nombre de douze, s’y sont ensuite rendus afin de discuter de la problématique avec les autorités concernées.

Il s’avère qu’une grande partie de ces lieux n’est pas suffisamment équipée pour pouvoir accueillir les personnes en situation de handicap physique. Plusieurs raisons ont été avancées : les plus communes concernent le manque de budget, mais aussi, comme c’est le cas à la direction générale des sports et loisirs, l’impossibilité de prendre soi-même une décision. En effet, étant un service délocalisé et étant sous la tutelle du Ministère concerné, les actions effectuées doivent être en accord avec les directives envoyées par celui-ci et une déviation dans le budget est impossible. Autre cas de figure : le refus délibéré de coopérer, de peur de laisser filtrer des informations pouvant être confidentielles.

La mise en commun des données recensées devrait permettre de définir la stratégie à adopter par la suite pour le CSB, qu’il s’agisse d’inciter les services en question à mettre en place des trames d’accès (cette obligation s’inscrivant dans une loi sur la protection et la promotion des droits des personnes handicapées promulguée en 2010) ou de mettre en pratique une forme de plaidoyer au niveau régional, voire national, à l’aide des partenaires qui opèrent à ces échelons : ceux-ci pourraient mobiliser en amont, là où les décisions de certains services décentralisés sont prises. Le processus est en cours, il reste des progrès à faire et à espérer que les efforts déployés seront récompensés : un geste en faveur des personnes handicapées constituerait en effet un pas dans la lutte pour l’égalité entre les citoyens.

Déborah GUIDEZ

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