La République Centrafricaine : Des avancées modestes pour une population en détresse

04-10-2014CentralAf_Repub

« Des résidents de Bangui en République centrafricaine. Photo ONU/Samir Afridi » « Tous droits réservés »

Depuis la résolution 2127, prise par le Conseil de sécurité de l’ONU (Organisation des Nations unies) en date du 5 décembre 2013, les forces françaises sont en République Centrafricaine (RCA), en soutien à la MISCA (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique sous conduite de l’Afrique). Pourtant les violences persistent.

Catherine Samba-Panza, Présidente de transition depuis le 23 janvier 2014, se trouve face à de nombreux défis. Les problèmes sécuritaires continuent malgré les efforts des troupes MISCA et des forces Sangaris (contingent français). Pour elle, « L’insécurité perdure d’abord parce que le désarmement n’a pas été correctement fait ».

Malgré de nombreuses initiatives prises par le gouvernement de transition Centrafricain, les difficultés sont de taille. En effet, la demande de partition, émise par l’ex-Séléka et les anti-Balaka, avec les chrétiens à l’Ouest et les musulmans à l’Est, se fait de plus en plus dure. Le gouvernement de transition veut à tout prix éviter la partition du pays et pour cela, Catherine Samba-Panza semble savoir ce qu’il faut faire : « D’abord, il faut restaurer l’autorité de l’Etat. Les brigades de gendarmerie doivent être rouvertes et les commissariats rééquipés. Il faut que l’administration revienne. Ensuite, un processus de réconciliation doit reprendre à la base, il faut que les communautés réapprennent à se fréquenter. Il faut aussi un dialogue politique avec nos frères de l’est et leur apporter des projets alors qu’ils se sentent complètement abandonnés ». Toutes ces idées semblent positives mais aucune mesure de mise en œuvre n’est apportée par la Présidente de transition. Elle est aussi dénoncée pour avoir nommé des membres de sa famille et de sa communauté au sein du gouvernement mais aussi à son cabinet. Même si elle s’en défend en disant que ce sont des personnes compétentes, il est logique de voir des incompréhensions de la part des Centrafricains qui peuvent percevoir des erreurs du passé, encore une fois répétées.

De plus, la Présidente de transition, Catherine Samba-Panza, a annoncé le 6 mai, un remaniement du gouvernement. Cette annonce s’est faite pour ses 100 jours de présidence à la tête de la République Centrafricaine. Dans ce contexte de violences intercommunautaires qui persistent, le Premier ministre, André Nzapayéké a dit le 13 mai, que son gouvernement serait « réaménagé dans les prochains jours », mais pour l’instant rien n’a encore été communiqué.  Selon lui, « le gouvernement, qui sera réaménagé dans les prochains jours, sera le gouvernement de tous les Centrafricains, et n’œuvrera que dans l’intérêt de tous les Centrafricains, musulmans ou chrétiens ». La réconciliation nationale est donc le mot d’ordre pour le gouvernement à venir. La sécurité des habitants devrait aussi se mettre en place au niveau local, dans une accélération du processus de désarmement et d’entente interreligieuse. La communauté internationale semble devoir venir en aide rapidement au gouvernement Centrafricain pour mettre en œuvre ces réformes. En effet, il va falloir environ un milliard d’euro selon le Premier ministre, sachant que seulement 100 millions seront à la charge de l’Etat Centrafricain. La feuille de route pour le gouvernement à venir a quatre objectifs : « La restauration de sécurité et de la paix, l’assistance humanitaire, la politique et la gouvernance, la relance économique ».

Pour l’instant, les efforts se sont surtout concentrés sur Bangui, la capitale du pays. En effet, dans cette ville, la violence a baissé et l’activité économique s’est remise en route. Mais la province est encore touchée par une extrême violence, les affrontements entre milices, rebelles et groupes armés sont toujours d’actualité, sans oublier la grave crise humanitaire qui touche tout le pays. « L’instabilité sociale et politique et l’insécurité qui règnent en RCA depuis décembre 2012 ont encore aggravé la situation humanitaire, déjà très préoccupante ». Tous ces problèmes affaiblissent la RCA, cela peut expliquer les réactions mitigées de la population envers la promesse du remaniement gouvernemental faite le 6 mai. Même si l’idée d’un gouvernement plus représentatif des diversités de la population plaît, il est attendu de grandes réformes pour la paix et la sécurité.

Des sanctions ont été données par le Conseil de sécurité de l’ONU contre l’ex-président Centrafricain, François Bozizé mais aussi contre Levy Yakété, le coordinateur des milices anti-Balaka, et contre Nourredine Adam, le numéro deux de l’ex-Séléka. Ces sanctions consistent en un gel des avoirs et une interdiction de voyager, ce qui montre un investissement important de la communauté internationale pour la RCA. « François Bozizé est accusé d’avoir organisé ses partisans pour semer le chaos en Centrafrique. Le Conseil de sécurité reproche au président déchu de fédérer les milices anti-balaka et de s’appuyer sur d’anciens militaires restés fidèles pour mener des attaques contre la population musulmane ». La communauté internationale s’occupe donc des sanctions contre l’ancien chef d’Etat mais elle joue aussi un rôle pour assurer la sécurité en RCA, ce qui ne rend pas le pays autonome.

Pour la Présidente actuelle, la RCA n’est pas sous tutelle mais elle est accompagnée par la communauté internationale, le destin du pays est entre les mains des Centrafricains. Des élections sont d’ailleurs prévues pour février 2015, date fixée par l’agenda de l’accord de Libreville. Ce délai est très court pour ce pays en conflit permanent. Entre la violence, les difficultés économiques et humanitaires, la date prévue pour ces élections risque d’être difficile à tenir, surtout qu’elles ont pour objectif de passer du gouvernement provisoire actuel à un gouvernement stable. Selon Catherine Samba-Panza, « il appartient à l’Autorité nationale des élections et à la communauté internationale de dire si cette date est tenable ».

Force est de constater la division qui règne en RCA. Les élections prévues en février 2015 risquent d’être difficile à tenir, d’autant plus que les besoins humanitaires se font entendre dans cette violence permanente que connaît le pays. Il faut attendre de voir ce que donnera le remaniement gouvernemental pour savoir s’il y a une possibilité de stabiliser la zone. Il reste à espérer une réconciliation entre les parties avant les prochaines élections, afin de permettre une réelle progression vers la paix.

Amélie RIPOCHE


http://fr.africatime.com/republique_centrafricaine/articles/la-centrafrique-est-malade-de-sa-division-et-du-manque-de-nationalisme

http://fr.africatime.com/republique_centrafricaine/db/centrafrique-le-gouvernement-reamenage-dans-les-prochains-jours

http://www.rfi.fr/afrique/20140507-rca-reactions-mitigees-apres-promesse-remaniement-gouvernemental-catherine-samba-pa/

http://www.unhcr.fr/pages/4aae621d553.html

http://www.defense.gouv.fr/operations/centrafrique/operation-sangaris/operation-sangaris

http://www.rfi.fr/afrique/20140510-onu-sanctionne-francois-bozize-accuse-destabiliser-rca/

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/12/05/republique-centrafricaine-le-conflit-en-six-points_3526169_3212.html

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=32410#.U3t_b_l_sbg

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