Le Nigéria demande et obtient l’aide des Etats-Unis dans sa lutte contre « Boko Haram »

Président sortant du Nigéria -tous droits réservés-

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-tous droits réservés-

Depuis que l’enlèvement de 200 lycéennes par la secte islamiste Boko Haram le 14 Avril dernier a pris des proportions internationales, l’Etat nigérian ne cesse de multiplier les demandes d’aide aux puissances occidentales (particulièrement les USA et le Royaume-Uni). Barack Obama a confirmé aujourd’hui que le Nigéria vient d’accepter l’envoi d’une « équipe d’experts » américains sur place pour tenter de retrouver les otages. Précédemment, la Grande-Bretagne et les USA avaient déjà plusieurs fois ré-affirmés leur soutient logistique au Nigéria. Mais pourquoi la première puissance économique africaine, riche en pétrole, est-elle tellement dépassée par ses problèmes sécuritaires?

C’est donc le 14 Avril dernier que près de 200 lycéennes de Chibok, dans le Nord du pays, ont été enlevés. La groupe Boko Haram a revendiqué cet acte et son leader, Abubakar Shekau menace de les vendre comme esclaves dans les pays voisins ou de les marier de force. Mardi ce sont 8 nouvelles adolescentes qui ont de nouveau été enlevées. Ces actes ont été unanimement condamnés comme inacceptables et demandant une réaction ferme. L’université Al-Azhar, l’autorité de référence de l’islam sunnite, a également immédiatement fait part de son indignation et à réitéré sa position considérant que Boko Haram ne suit pas le chemin d’un respect des valeurs de l’islam. La secte est déjà directement responsable de près de 1500 morts dans le Nord du pays depuis le début de l’année, et semble à l’heure actuelle difficile à arrêter, malgré l’instauration de l’état d’urgence dans les trois provinces du Nord depuis Mai 2013.

Les réactions internationales se multipliant rapidement et les reproches des familles des victimes concernant « l’inaction » de l’armée se faisant de plus en plus audibles, le président Goodluck Jonathan multiplie donc les demandes d’aide internationale. Pourtant, en théorie du moins, le Nigéria devrai être un Etat riche. En effet, il bénéficie d’importante ressources pétrolières, issues d’un brut facile à exploiter, à raffiner et donc à exporter. C’est la première économie africaine, largement devant l’Afrique du Sud (510 milliards de dollars de PIB contre 370 pour l’Afrique du Sud), mais cette manne économique est très inégalement répartie et ne profite finalement pas vraiment aux finances de l’Etat (c’est d’ailleurs le seul pays producteur de pétrole à présenter un déficit budgétaire). Cela est du à une corruption endémique, et à la grande faiblesse des politiques économiques du pays, qui n’ont pas du tout mis l’accent sur le développement de secteurs pourvoyeurs d’emplois comme l’agriculture ou l’industrie. En fait, alors que la capitale économique, Lagos, prend de plus en plus la forme d’une mégalopole à « l’occidentale », la quasi-totalité du pays souffre encore de sous-développement (plus de 70% du pays le plus peuplé d’Afrique n’ont toujours pas d’accès à l’électricité).

En résumé, il n’est pas tellement étonnant que l’Etat nigérian ai encore beaucoup de mal à contrôler sa situation intérieure dans les zones de marge sensibles (Nord et zone pétrolière du delta au Sud). Si les progrès en terme de gouvernance sont semble-t-il en route, il reste énormément de chemin à parcourir, et le pays a cruellement besoin de politiques économiques permettant de sortir de la dépendance exclusive au pétrole, ne serais-ce que pour assurer plus d’emploi à sa population. Aider le Nigéria à rétablir sa sécurité intérieure semble nécessaire, bien sûr, mais ne servira pas dans la durée si aucune mesure n’est prise pour les deux autres problèmes (bonne gouvernance et développement plus égal du territoire). Le Nigéria a un potentiel économique, social et démographique extraordinaire, mais ses partenaires économiques occidentaux ne doivent pas s’y tromper, se contenter d’exploiter son pétrole et de mettre des « bouts de ficelles » quand la situation devient critique ne sera pas rentable à terme. En revanche, si des mesures adéquates sont prises, ce pays peux devenir un partenaire commercial de très long terme, ce qui serai l’intérêt de tous.

VIGNANE-GONZALEZ Lou

Liens:

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/05/06/nigeria-boko-aram-soupconne-de-huit-nouveaux-enlevements_4412468_3212.html

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/nigeria/presentation-du-nigeria/

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/04/07/20002-20140407ARTFIG00255-le-nigeria-premiere-economie-d-afrique.php

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