Quand la population burkinabé s’investit dans le suivi des politiques publiques

CSB

Atelier d’information sur les CSB

Afin d’inciter les citoyens à participer aux projets de développement menés par le Burkina Faso, et plus généralement pour les impliquer dans le suivi des politiques publiques, des Organisations de la Société Civile se mobilisent et proposent des ateliers d’information à l’attention des populations.

Le jeudi 24 avril se sont tenus des ateliers d’information dans deux communes du Burkina Faso, nommées Arbollé et Latoden. Ces assemblées avaient pour objectif de sensibiliser les citoyens sur la thématique du dialogue politique, première étape dans la mise en place d’un Comité de Suivi à la Base. Communément appelés CSB, ces dispositifs se veulent d’impliquer la société civile dans la réalisation et l’évaluation des politiques publiques menées par l’État. En parallèle, les CSB s’impliquent également dans le plaidoyer auprès des autorités régionales et nationales afin de mobiliser celles-ci sur un projet de développement jugé en adéquation avec les besoins de la population locale. Chaque comité se compose de douze membres qui représentent chacun une communauté (les femmes, les jeunes, mais aussi les communautés musulmanes, protestantes et catholiques).

L’instauration de ce dispositif a été menée par plusieurs Organisations de la Société Civile (OSC) burkinabés. Chaque CSB est de facto rattaché à une OSC qui le représente. En ce qui concerne les CSB d’Arbollé et de Latoden, l’initiative revient à l’association ATAD, située dans la localité de Kaya, dans le Centre-Nord du pays. ATAD, signifiant Alliance Technique d’Assistance au Développement, se définit comme une « association de développement et de plaidoyer sur les politiques et stratégies publiques ». L’association dispose de nombreux partenaires et appuis financiers, parmi eux, l’Union européenne, Diakonia, Christian Aid, Oxfam et Autre Terre.

Reconnue officiellement en 2001, elle œuvre dans différents domaines telle la sécurité alimentaire, le secours d’urgence, la santé publique et la bonne gouvernance. C’est dans le cadre de cette dernière qu’elle a choisi d’inciter les populations locales à s’approprier la gestion des politiques publiques. En terme de résultat, ATAD a déjà mis en place 25 CSB. Cette volonté d’implication des populations s’inscrit dans un processus de participation citoyenne, nécessaire à l’établissement d’un contre-pouvoir. Cela n’est pas sans difficulté dans un État « semi-autoritaire » tel le Burkina Faso, où l’apparente démocratie recèle une réalité plus complexe : entre autres, la faiblesse institutionnelle des partis d’opposition, des pratiques de corruption avérées et une alternance politique qui peine à se manifester.

Déborah GUIDEZ

http://atad-bf.net

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