Nouvelle vague de violence au Nigéria

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Ce lundi 14 avril 2014 le Nigéria a connu un attentat terroriste. Encore non revendiqué, les soupçons se portent dors et déjà sur un groupe d’Islamistes extrémistes. Ce pays n’avait pas connu ce type d’événement depuis 2012, cependant à un an des prochaines élections cette nouvelle attaque remet en question la capacité du gouvernement à sécuriser son territoire.

Placée à l’intérieur d’un bus en pleine heure de pointe, une bombe a explosé ce lundi 14 avril dans la capitale nigériane d’Abuja. On compte déjà le triste bilan de 71 morts et 124 blessés. Bien que l’attentat reste aujourd’hui de source inconnu, les autorités pensent au groupe islamiste extrémiste de Boko Haram, une organisation réclamant la création d’un état islamiste indépendant au nord du Nigéria. Bien que la capitale d’Abuja n’ait pas connu ce type de situation depuis les attaques kamikazes d’avril 2012, le groupe Boko Haram pose de nombreux problèmes de violence depuis son insurrection en 2009. L’ONG Amnesty International s’inquiète d’un conflit armée au Nigéria depuis ce début 2014 en estimant que plus de 1500 personnes ont déjà été tués depuis le début de l’année en raison d’une escalade des violences principalement dans le nord est du pays. En effet on peut souligner que depuis cette période le groupe terroriste a accentué la pression sur le gouvernement en attaquant des villages et des installations de l’armée notamment. En réalité, la situation ne fait que s’aggraver depuis l’instauration de l’état d’urgence en mai 2013 dans les états du nord est du Nigéria c’est-à-dire Yobe, Adamawa et Borno. Depuis, l’armée nigériane réplique en attaquant et bombardant certains villages de cette région sans réellement distinguer le groupe Boko Haram de la population, se mettant ainsi cette dernière à dos. Des milices locales (civilian joint task force) ont également été montées afin d’avoir plus de renseignements et chercher ainsi à repérer les terroristes. Résultat, de nombreuses exactions ont été commises aussi bien du côté gouvernementale que du côté terroriste attaquant les villages « collaborant » avec le gouvernement. Les civils sont ainsi pris à parti et l’on assiste à des déplacements massifs de population (250 000 personnes déplacées selon l’agence de secours d’urgence nigériane NEMA).

Bref historique du groupe Boko Haram: à la base secte prônant l’application stricte de la charia et l’établissement d’un califat, le groupe se radicalise lorsque certains de ses militants sont blessés par la police nigériane et quand son chef (Mohammed Yusuf) est tué après une vaste opération de répression. Depuis, nous l’avons vu, le groupe passé dans la clandestinité a recours à la violence principalement dans le nord du pays en visant le gouvernement, mais aussi des musulmans reprochés de ne pas bien appliquer les règles de la charia ainsi qu’envers les chrétiens de cette région. C’est également ce groupe qui avait été responsable de l’enlèvement de la famille française Moulin-Fournier en février 2013 (libérée depuis en avril de la même année) ou encore de celui de Francis Collomp (décembre 2012) par le biais d’un lien avec l’organisation terroriste Ansaru. En février dernier on peut aussi souligner que l’actuel chef de Boko Haram Abubakar Shekau a menacé de s’attaquer à la région pétrolifère du sud du Nigéria.

Aujourd’hui, on peut donc s’attendre à ce que ce nouvel attentat terroriste en pleine capitale soit l’œuvre de ce groupe. A un an des élections présidentielles et législatives prévues pour février 2015, le groupe pourrait avoir de plus en plus recours à la violence; le grand risque selon le chercheur et professeur géopoliticien Marc-Antoine Pérouse est l’utilisation du groupe terroriste par des politiciens afin d’éliminer physiquement les opposants ou de faire pression sur les électeurs lors des votes, pratique déjà utilisée durant les élections de 2003.

Ce contexte a de quoi nous laisser perplexe face à la déclaration du président nigérian Goodluck Jonathan déclarant que, « la question de Boko Haram est temporaire », ou encore devant les affirmations de l’armée nigériane selon lesquelles le groupe terroriste n’aurait plus les capacités de mener des attaques importantes, une armée dont le budget est par ailleurs largement miné par la corruption.

Géry Bailliard

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