Sotchi, nouveau test pour le « soft power » à la Russe

Timbre Russe représentant les J.O d'hiver 2014 à Sotchi  -tous droits réservés-

Timbre Russe représentant les J.O d’hiver 2014 à Sotchi
-tous droits réservés-

   Jamais deux sans trois, après les mondiaux d’athlétisme l’été dernier, la Russie accueille cet hiver les déjà cultes J.O de Sotchi, et organisera en 2018 la Coupe du Monde de football. Ces J.O. d’hiver sont donc un test très important, sinon crucial, pour Vladimir Poutine, qui en a fait un enjeu personnel. 

« Déjà cultes » par leur gigantisme d’abord, car le budget initialement prévu de 8,8 milliards d’euros a finalement dépassé les 37 milliards, se classant au premier rang de toute l’histoire des J.O. (été comme hiver) ! Le message a toujours été clair, la Russie a les moyens de se payer un tel investissement, et ne s’en privera pas, quelles que soient les difficultés (retards dans les travaux, soupçons de corruption, problèmes de sécurité etc.). Vladimir Poutine a lui même supervisé l’achèvement des travaux, virant en direct à la télévision russe le précèdent responsable de la construction du tremplin de saut (Akhmed Bilalov) et en profitant ainsi pour lier encore plus son image personnelle à celle de l’événement.

Mais les retombées de ces Jeux en terme d’influence pour l’Etat Russe seront largement dépendants de plusieurs facteurs. D’abord, la sécurité, mise en cause par une série d’attentats au début de l’année, devra être assurée de façon parfaite. Sur ce plan, sans tomber les prédictions, il semble que le pari sera probablement gagné, au vu de la débauche de moyens mis à disposition. La région n’est pas encore totalement sous contrôle bien sûr, mais sur le temps des J.O. elle sera certainement tenue ferme par l’armée et les services de sécurité. Le deuxième aspect concerne le président Poutine lui-même. A force de trop se mettre en avant, de lier son image personnelle à ce point à celle de « son » événement, il prend un risque. Si pour une raison où une autre il devait advenir que ces Jeux ne soient pas irréprochables (sur le plan de la sécurité, de la communication ou même si la délégation russe n’était tout simplement pas en forme…), c’est son image qui en prendrai un coup.

Le but de la mise en place et du développement d’un « soft power », c’est l’amélioration de la visibilité, de l’image d’un Etat, mais pas nécessairement d’une personnalité donnée. En mélangeant de façon trop évidente propagande personnelle et utilisation d’un événement majeur à des fins de « soft power », Vladimir Poutine prend des risques a priori inutiles.

Vignane-Gonzalez Lou

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