2,3 millions de réfugiés pour la Syrie, triste record.

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Alors que les informations en provenance du Moyen Orient commencent à se faire rare, la dure réalité nous rattrape. Que faire des 2,3 millions de réfugiés qui ont quitté la Syrie, rongée par le conflit?

La France a répondu récemment: 500 réfugiés seront accueillis sur notre sol. Le calcul n’est pas compliqué.

Le Liban accueille plus de 34 000 personnes. La Turquie détient le palmarès avec 43 000 réfugiés. Pour la Jordanie, il y a quelques mois, le UNHC comptent entre 1000 et 2000 syriens déplacés. Et la liste est encore longue. L’Europe est appelée à se mobiliser pour accueillir ces populations en déshérence. Les pays voisins de la Syrie ne peuvent plus se permettre de recevoir d’autres réfugiés. Certains déjà sont une terre d’adoption pour les palestiniens, Irakiens, Yéménites…

Le conflit du Sud-Soudan et de Centre-Afrique nécessitent aussi de l’attention car il est aussi question de réfugiés. Les autorités internationales peinent déjà à mettre en place des solutions d’urgence, notamment sur les programmes alimentaires. Les fonds se font rare et les crises se multiplient. Bien que l’expression déplaise c’est un fait : les dommages collatéraux commencent à se faire nettement ressentir. Bien que les affrontements se fassent dans un endroit du monde assez lointains, les répercussions ne se bornent pas aux frontières.

Ces conflits ont engendré des déplacements massifs de populations ce qui a, inévitablement, participer à générer d’autres tensions, hors des foyers connus.

Le conflit syrien bat de triste record. Une population, qui a considérablement désertée sa terre natale pour trouver refuge là où elle pourra survivre grâce aux aides du pays d’accueil et des organisations humanitaires.

Le conflit en Syrie s’essouffle mais a tout de même morcelé l’espace. Les alaouites conservent le pouvoir centrale. Les sunnites, bien que supérieurs en nombre se trouvent concentrer au Sud du pays. Les kurdes et les Turkmènes au Nord. Au milieu de ces  différentes factions rivales, les réfugiés syriens pourront-ils rentrer chez eux?

Les humanitaires en action

Logo de l'ONG MSF

Logo de l’ONG MSF

Il est peut-être difficile d’imaginer le rôle et le travail des humanitaires pour la plupart des occidentaux. Notamment aux nombreux problèmes pratiques rencontrés dans les zones d’interventions, aux dangers auxquels ils peuvent se retrouver confronter et les décisions parfois drastiques qui en découlent.

Au début des années 2000, dans le but de former ses futurs cadres aux terrains les plus extrêmes, Médecins Sans Frontières, une des plus ancienne et célèbre ONG française, particulièrement productive dans la critique de l’action humanitaire, et surtout sur la sienne, avait alors créé une série d’ouvrages intitulée « Prise de Parole Publique de MSF » sous la direction de Laurence Binet.
Si ces livres étaient à l’origine strictement internes à MSF et exigeaient une autorisation de la structure internationale pour être utilisés ou cités en dehors de l’organisation, depuis fin 2013, dans un souci de transparence, l’ONG les met peu à peu gratuitement à disposition de quiconque sur le site « http://speakingout.msf.org/fr« . (Seulement 3 d’entre eux ne sont encore disponibles en février 2014 pour le grand public.)

Et cela vaut le détour. Ces livres permettent en effet de comprendre et d’étudier la gestion des crises rencontrées par les agents de MSF sur un territoire ou dans un pays donné, parfois au jour le jour, à travers des coupures de presse, les communiqués de presse de l’ONG, parfois des extraits de ceux d’autres organismes. Le tout accompagné de paragraphes informant le lecteur sur l’évolution de la situation sur le terrain, l’informant des faits commentés voire critiqués par des entretiens réalisés ultérieurement avec les MSFiens actifs à l’époque.

Bien loin d’une image idyllique de « french doctors » parachutés pour sauver le Tiers-Monde, ces perles dévoilent au contraire des humanitaires souvent dépassés par les événements ou les enjeux, souvent en désaccord sur les solutions à adopter, anxieux, voire horrifiés par les visions sanglantes ou désespérées qui se déroulent sous leurs yeux, sur les pires théâtres d’opération de la fin du XXème siècle: Rwanda, Somalie, Éthiopie, Corée du Nord, Tchétchénie ou encore Kosovo.

En somme, une mine d’expérience passée en gestion de crises humanitaires.

Vincent Houdou

Le soft power chinois à l’assaut du monde

Du Guzhen (instrument traditionnel chinois) pour endormir la communauté internationale. Tous droits réservés

Un chinois jouant du Guzhen (instrument traditionnel chinois) pour endormir la communauté internationale. Tous droits réservés

Si la chine utilise son pouvoir d’attraction culturelle, elle l’utilise surtout à des fins politiques et ce depuis des années. Tout d’abord, l’influence sur les civilisations japonaise et coréenne est apparue depuis le Ve et VIe siècle. En effet, la culture de l’empire du milieu n’est plus à démontrer tant elle a nourrit de fantasmes chez ses voisins, car avant d’être une puissance économique la Chine était surtout forte d’un important pouvoir culturel. Sa langue, la calligraphie, le Taïdi ou encore par sa cuisine, tels sont les atouts essentiels de la chine aujourd’hui. Véritable opération séduction sur la scène internationale, les autorités chinoises ont prit conscience de la prépondérance de ces outils diplomatiques et souhaitent en faire bon usage.

Une censure qui tend à s’effacer

Alors que le cinéma semblait museler entre censure et propagande, on voit aujourd’hui apparaître une véritable démocratisation de cet art. A l’instar du Festival de Cannes, le « Coq d’or » semble être le dessein d’une cérémonie de renommée internationale. Outre mesure, la culture devrait constituer le principal vecteur de puissance et de rayonnement mais également d’inspiration pour les communautés avoisinantes. Autre fait marquant de cette démocratisation, c’est l’exposition de la cité interdite au Louvre. Elle laisse place au mécénat, dont le but est de redorer le blason d’une image agressive et parfois brutale, des entreprises chinoises. Tout comme la stratégie japonaise et ses Mangas, la chine peut-elle se laisser rêver à une même « vague sinophile » ?

 La revalorisation de sa Culture

Si la revalorisation de la culture chinoise est un enjeu sur la scène internationale, elle l’est également sur un plan national, notamment pour son peuple. En reconsidérant son Histoire, ses valeurs, la Chine enrichie son soft power. Cette démarche se fonde sur une véritable profondeur historique et idéologique, dont les idées de Confucius semblent en être l’inspiration. Prônant l’harmonie des relations humaines, il est l’instigateur de « l’humanisme chinois ».

 Entre nationalisme et chauvinisme

Si jusqu’alors, le soft power chinois ne semble pas définitivement « menaçant », il n’en demeure pas moins en résulter quelques paradoxes, notamment avec les idées de Confucius. Les Jeux Olympiques de Pékin (2008) furent une réussite totale, il faut bien le reconnaître, mais sur fond de violation des droits de l’homme. Les agissements autour du Tibet ont ainsi provoqué quelques vives réactions sur la scène internationale, mettant au premier plan l’autorité gouvernementale et le caractère despotique d’un « État socialiste de dictature démocratique populaire ». Si les idées de Confucius semble aller au delà, la Chine elle ne semble pas encore prête à se les approprier.

Finalement, c’est une ostensible fierté d’être chinois qui se dessine, en préférant utiliser la force morale plutôt que la force physique, qui témoigne d’un profond changement de mentalité quant à son hard power. L’attachement aux valeurs du confucianisme et après 150 d’humiliation, c’est tout le peuple chinois qui retrouve sa ferveur d’antan, manifestant quasiment une certaine forme d’arrogance et de dédain.

 Le soft power chinois ne serait-il pas en définitive, une manière douce de défendre l’intérêt national ?

 A voir également: http://bdc.aege.fr/public/Le_softpower_chinois.pdf

Vers un conflit sino-japonais ? (2/2)

Manifestations en Chine contre le Japon - Source AFP/STR - Tous droits réservés

Manifestations en Chine contre le Japon – Source AFP/STR – Tous droits réservés

Depuis la nationalisation de trois des cinq îles de l’archipel en septembre 2012, la tension est à son comble en Mer de Chine. Au-delà des intrusions récurrentes de navires chinois, les gouvernements mènent des politiques nationalistes actives afin d’exacerber les mentalités mais sont aussi à la recherche de soutien international.

Les événements actuels et la politique menée dans chacun des deux pays ne cessent d’aggraver la situation. Chacune des manœuvres d’un de ces Etats engendre une réaction du gouvernement adverse et renforce la crise. Xi Jinping, président de la République Populaire de Chine depuis le 14 mars 2013, et secrétaire général et président de la commission militaire centrale du parti communiste chinois depuis 2012, mène une politique d’affirmation du nationalisme. Cette volonté ne contribue pas à un apaisement des relations bien au contraire. La politique du « rêve chinois » de Xi Jinping qui stimule la population et aggrave les relations avec le gouvernement japonais n’est pas la seule source d’inquiétude. Le 23 novembre dernier, une réforme concernant la zone aérienne d’identification en mer de Chine a également envenimé les rapports sino-japonais puisque celle-ci chevauche celle du Japon et englobe les îles de Senkaku. Après cette annonce, le Président américain Barack Obama a d’ailleurs envoyé deux avions B-52 dans la zone sans avertir les autorités chinoises afin d’affirmer son soutien au Japon. La Chine aurait depuis projeté une nouvelle zone aérienne comprenant les îles Paracel également sources de revendications. Washington a considéré que cette nouvelle zone serait « un acte provocateur et unilatéral qui augmenterait les tensions et compromettrait sérieusement l’engagement de la Chine à régler par la diplomatie les différends géopolitiques de la région ».

Au Japon, la politique menée ne tend pas non plus à pacifier les relations et est jugée par ses voisins comme « provocatrice ». Shinzo Abe, le premier ministre pratique également une politique nationaliste. Le gouvernement japonais a décidé de présenter de nouveaux manuels d’histoire présentant les îles Senkaku comme partie intégrante du territoire japonais en mer de Chine. Le ministre de l’éducation justifie ce choix puisque selon lui : «En matière d’éducation, il est naturel pour un État de donner à ses enfants des enseignements sur des parties intégrantes de son propre territoire». Cette réforme s’inscrit dans la politique conservatrice de Shinzo Abe qui souhaite proposer une nouvelle vision de l’histoire. En effet, le premier ministre japonais souhaite en finir avec un Japon «démilitarisé» et sa «diplomatie des excuses» envers les peuples asiatiques pour les crimes commis pendant la Seconde Guerre mondiale. Il souhaiterait également changer la constitution du Japon afin de permettre un plus grand activisme militaire. Enfin, le premier ministre nippon s’est rendu fin décembre dans le temple shintoïste de Yasukuni où sont enterrés les soldats morts pour le pays dont quatorze criminels de guerre ce qui a été vu par Pékin comme une « provocation ».

D’un coté comme de l’autre, chaque événement engendre des tentatives de rapprochement avec les autres puissances. Ainsi suite à la visite de Shinzo Abe dans le temple shintoïste, la Chine a profité de cet incident pour tenter un rapprochement avec le Canada en mémoire des soldats ayant combattu aux cotés des forces chinoises durant la deuxième guerre mondiale. Cependant, si la tentative chinoise d’un rappel du passé pourrait porter ses fruits auprès de certains pays, l’impérialisme japonais n’est plus d’actualité et c’est bien la Chine qui est perçue comme la nouvelle puissance hégémonique en Asie du Sud-Est. En effet, le gouvernement chinois déploie d’énormes moyens financiers et militaires pour étendre son influence en investissant dans la zone. C’est le cas en Birmanie, au Cambodge, au Laos, en Malaisie et aux Philippines par exemple.

Aujourd’hui la marine chinoise est devenue la troisième puissance du monde et le conflit avec le Japon n’est pas le seul différend territorial. En effet, la Chine a aujourd’hui des revendications à propos de l’archipel des Spratley et des îles Paracel dont les eaux territoriales détiennent également de nombreuses ressources naturelles. Cependant, les tensions sino-japonaises sont les plus vives et les plus récurrentes et illustrent parfaitement les changements géopolitiques en Asie ainsi que la lutte hégémonique entre les deux puissances.

Ronan Hélou

Vers un conflit sino-japonais ? (1/2)

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Navires japonais – Tous droits réservés

La revendication des îles Senkaku est de nouveau au cœur des tensions entre la Chine et le Japon. Cet archipel est au centre des préoccupations géopolitiques maritimes en Asie où les démonstrations de forces entre les deux puissances de la région sont de plus en plus courantes.

Depuis l’annexion par le Japon en 1895, les revendications des îles Senkaku (Diaoyu pour la Chine) sont courantes. C’est à partir du début des années 1970 que les rivalités vont réellement débuter. Les tensions entre Taiwan, la Chine et le Japon vont se traduire par des actions comme des intrusions dans les eaux territoriales et en 1992 le gouvernement chinois va promulguer une loi revendiquant sa souveraineté sur les îles Senkaku. On peut considérer que le rapport de la Commission économique et sociale pour l’Asie Pacifique évoquant la présence de gisements pétroliers dans cette zone a attiré l’attention sur cet archipel dès 1968. C’est seulement en 1996 que des négociations bilatérales vont avoir lieu entre la Chine et le Japon sur les droits maritimes jusqu’en 2010 pour un accord international sur l’exploitation des ressources en Mer de Chine et en 2011 pour l’accord de principe sur les recherches et les secours.

Cela dit, durant cette période, d’autres tensions vont malgré tout apparaître impliquant des bateaux chinois, taïwanais et japonais ainsi que des actions d’activistes. La volonté de rachat par la préfecture de Tokyo puis par le gouvernement japonais qui louait, jusque là, la majorité des îles va engendrer de nouvelles conséquences en 2012. Face aux intrusions systématiques des navires chinois, le premier ministre nippon Shinzo Abe va annoncer la création d’une force spéciale pour la protection des îles comportant 600 hommes et une douzaine de navires basés à 175 km de l’archipel sur l’île d’Ishigaki. Dans un autre discours, le 26 août, c’est cette fois le ministre de la Défense qui mettra en garde la Chine contre toute politique d’expansion.

Ce dimanche 2 février, les rapports de forces entre les deux puissances se sont poursuivis avec l’entrée de trois navires chinois dans la eaux territoriales japonaises. Ces bâtiments sont supposés être des « Haixun » disposant d’une plateforme pour hélicoptères. Cette intrusion rappelle celle du 27 janvier dernier durant laquelle d’autres navires chinois étaient restés durant deux heures dans les eaux japonaises. Malgré l’envenimement des relations par toutes ces manœuvres d’intimidations et incursions navales, un conflit est-il possible entre les deux puissances ?

Lors d’une conférence sur la sécurité organisée ce weekend à Munich, Henry Kissinger, ancien secrétaire d’Etat américain a comparé ces tensions à celles ayant eu lieu en Europe au XIXè siècle en précisant que « l’hypothèse d’un conflit militaire n’est pas exclue ». Le diplomate a également insisté en déclarant : « Entre le Japon et la Chine, l’enjeu, pour nous autres, est qu’aucune des deux parties ne soit tentée de recourir à la force pour régler les problèmes ». Cependant, nous pouvons noter que les frictions entre les deux états prennent un nouveau tournant avec l’exacerbation des mentalités nationalistes et des politiques de plus plus belliqueuses.

(lien vers la partie 2/2)

Ronan Hélou

Corse: l’île peut compter sur ses jeunes …

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Co-officialité de la langue Corse, statut de résidant, suppression de l’arrêté Miot et la « corsisation » des emplois: les jeunes manifestent leur colère dans la rue.

Quelques jours après la manifestation de Corte, la Ministre Maryse Lebranchu se rend sur l’île pour entamer le dialogue avec les autorités insulaires.

L’ambiance est relativement tendue depuis le début d’année sur l’île. Le rejet définitif, fin 2013, de la motion sur l’officialité de la langue corse, la fin des faveurs fiscales de l’arrêté Miot, le débat sur le statut de résident et l’accès prioritaire des corses aux emplois n’ont fait qu’alimenter les revendications et les mouvements contestataires. Les jeunes de l’île sont la première cible de ces décisions.  Ces derniers n’ont pas l’intention de rester de simples spectateurs et comptent se faire entendre. Des lycéens et des étudiants sont descendus, successivement, dans les rues d’Ajaccio, de Bastia et de Corte afin de manifester leur mécontentement concernant les affaires de l’île.

Des manifestations ou provocations ?

Depuis janvier, les manifestations des lycéens se succèdent et se ressemblent. Défilés pacifiques puis, les organisateurs donnent l’ordre de dispersion et pour finir, quelques échauffourées éclatent, inévitablement, entre manifestants et forces de l’ordre. Un classique. Bien que cela soit une tradition, ces mouvements de violence doivent tout de même inquiéter les autorités et prendre la mesure des revendications.

Le syndicat étudiant « Ghjuventù Indipendentista » a lancé un appel à la mobilisation dans la cité étudiante de Corte. Près d’un millier de lycéens et étudiants, soutenus par quelques citoyens et élus locaux ont défilé dans les rues. Le slogan est sans équivoque: « A terra corsa ùn hè à vende ! » (la terre corse n’est pas à vendre ! ) L’arrêté Miot est la pièce maitresse du mouvement. Bien que nous puissions, dans une certaine mesure, nous féliciter de cette prise d’initiative de la part des jeunes, il est tout de même légitime de se questionner sur les raisons pour lesquelles ce ne sont pas leurs aînés en tête de cortège?

La jeunesse, le nouveau souffle de la crise identitaire corse?

La co-officilialité de la langue corse, soutenue en grande majorité par l’Assemblée après quelques années d’intenses débats, a été finalement refusée par la Cour Européenne. Elle n’a pas, non plus, reçu les faveurs du gouvernement français. En janvier dernier, lors de sa visite sur l’île, Monsieur Valls s’est déclaré défavorable au projet. Première désillusion et l’île vacille. Les pourparlers, concernant le projet de « statut de résident corse » et la « corsisation » des emplois sont au point mort. Bien que les autorités insulaires semblent être, majoritairement, en accord sur ces questions, le gouvernement français et les autorités européennes ne sont pas prêts à céder aux pressions et aux tensions. Pourtant, ces derniers sont ouverts au dialogue. C’était sans compter sur les motivations de la jeunesse corse, en quête de reconnaissance et de justice. Les récents évènements le confirme: les jeunes sont décidés à faire valoir leurs droits et se font les portes paroles de cette « nouvelle cause » à défendre. Une fois de plus, il est particulièrement touchant d’assister au rassemblement de jeunes gens, unis pour défendre leurs convictions. Cependant, les partis politiques, à tendance nationaliste principalement, apparaissent en arrière plan de cette révolte romantique. Sans en réclamer la paternité, certains partis politiques appuient simplement les jeunes contestataires et s’en font les défenseurs et les guides. Bien sûr, personne n’ira jusqu’à dire que la jeunesse corse n’est qu’un instrument d’une politique essoufflée.  Le leader nationaliste du groupe Corsica Libera s’est d’ailleurs exprimé à ce sujet : il affirme que les élus doivent surtout se garder de « toute suspicion de récupération politique ».

Qu’avons nous à craindre pour l’avenir de ces jeunes ? Ou bien, que pouvons nous lui souhaiter ?

Sotchi, nouveau test pour le « soft power » à la Russe

Timbre Russe représentant les J.O d'hiver 2014 à Sotchi  -tous droits réservés-

Timbre Russe représentant les J.O d’hiver 2014 à Sotchi
-tous droits réservés-

   Jamais deux sans trois, après les mondiaux d’athlétisme l’été dernier, la Russie accueille cet hiver les déjà cultes J.O de Sotchi, et organisera en 2018 la Coupe du Monde de football. Ces J.O. d’hiver sont donc un test très important, sinon crucial, pour Vladimir Poutine, qui en a fait un enjeu personnel. 

« Déjà cultes » par leur gigantisme d’abord, car le budget initialement prévu de 8,8 milliards d’euros a finalement dépassé les 37 milliards, se classant au premier rang de toute l’histoire des J.O. (été comme hiver) ! Le message a toujours été clair, la Russie a les moyens de se payer un tel investissement, et ne s’en privera pas, quelles que soient les difficultés (retards dans les travaux, soupçons de corruption, problèmes de sécurité etc.). Vladimir Poutine a lui même supervisé l’achèvement des travaux, virant en direct à la télévision russe le précèdent responsable de la construction du tremplin de saut (Akhmed Bilalov) et en profitant ainsi pour lier encore plus son image personnelle à celle de l’événement.

Mais les retombées de ces Jeux en terme d’influence pour l’Etat Russe seront largement dépendants de plusieurs facteurs. D’abord, la sécurité, mise en cause par une série d’attentats au début de l’année, devra être assurée de façon parfaite. Sur ce plan, sans tomber les prédictions, il semble que le pari sera probablement gagné, au vu de la débauche de moyens mis à disposition. La région n’est pas encore totalement sous contrôle bien sûr, mais sur le temps des J.O. elle sera certainement tenue ferme par l’armée et les services de sécurité. Le deuxième aspect concerne le président Poutine lui-même. A force de trop se mettre en avant, de lier son image personnelle à ce point à celle de « son » événement, il prend un risque. Si pour une raison où une autre il devait advenir que ces Jeux ne soient pas irréprochables (sur le plan de la sécurité, de la communication ou même si la délégation russe n’était tout simplement pas en forme…), c’est son image qui en prendrai un coup.

Le but de la mise en place et du développement d’un « soft power », c’est l’amélioration de la visibilité, de l’image d’un Etat, mais pas nécessairement d’une personnalité donnée. En mélangeant de façon trop évidente propagande personnelle et utilisation d’un événement majeur à des fins de « soft power », Vladimir Poutine prend des risques a priori inutiles.

Vignane-Gonzalez Lou