Les manifestations thaies: les origines du contentieux

Suthep Thaugsuban, leader de l'opposition REUTERS/Athit Perawongmetha Tout droits réservés

Suthep Thaugsuban, leader de l’opposition REUTERS/Athit Perawongmetha
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Le 9 décembre 2013 la Première ministre thaïe Yingluck Shinawatra a annoncé la dissolution du Parlement et pourtant les rues de Bangkok ne désemplissent pas. Retour sur des manifestations qui agitent le pays depuis plus de deux mois.

Les premières manifestations ont commencé début novembre lorsque le gouvernement Pheu Thai vainqueur des dernières élections législatives de 2011,  a présenté une loi d’amnistie. L’acceptation de cette dernière aurait permis à l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra (qui n’est autre que le grand frère de l’actuelle Première ministre) de revenir en Thaïlande, alors qu’il vit exilé à Dubaï depuis 2008 suite à une condamnation pour corruption. Pour la première fois les chemises rouges (traditionnellement du coté de l’ancien premier ministre) et les chemises jaunes (partisans de l’opposition) sont descendues côte à côte manifester contre cette loi. Le texte proposait d’abandonner les poursuites et les condamnations qui ont suivi les violences politiques depuis 2006. Pour rappel, Thaksin a été renversé par un coup d’Etat en septembre 2006 mené par le général Sonthi Boonyaratglin.

En parallèle de ces manifestations qui aboutiront à un vote du Sénat à l’unanimité contre cette loi, d’autres plus virulentes ont émergé courant novembre. L’homme incarnant la révolte s’appelle Suthep Thaugsuban, il est un ancien député du parti de l’opposition en l’occurrence le Parti démocrate. Il démissionna de son poste pour pouvoir prendre les rennes du mouvement contestataire et ainsi être le porte-parole du peuple et non plus d’un parti politique. Le but ultime de ces manifestations qui opposent désormais les chemises rouges aux jaunes est de « déraciner le régime de Thaksin ». En effet, même si ce dernier n’est plus sur le territoire thaï il lui est reproché de se servir de la place de Première ministre de sa sœur pour continuer sa politique. Suthep réclame le départ de Yingluck et la mise en place d’un conseil populaire : “un gouvernement populaire sera établi pour amender les règles régissant le pays afin qu’il devienne une véritable démocratie, sous la forme d’une monarchie constitutionnelle”.

La Première ministre quant à elle propose des élections anticipées le 2 février 2014 pour apaiser les tensions qui rongent la capitale thaïlandaise et tend à se propager dans tout le pays.  « Elle a déclaré qu’elle « serait heureuse de rencontrer en personne le leader de la protestation », jugeant toutefois qu’un « Conseil du peuple [principale demande des manifestants] ne peut être mis en place sous cette Constitution ». Une main à demi tendue, que l’opposant Thaugsuban a refusée tout net : « Notre seul but est qu’il n’y ait plus de ‘régime Thaksin' », a-t-il répondu quelques heures après. »

La réponse du leader de la contestation et de ses partisans est sans appel : aucune négociation n’est envisageable et les élections anticipées ne changeront pas leur volonté de mettre fin à la politique  de  Yingluck, afin de voir la « thaksinocratie » s’effondrer. Par ailleurs, en solidarité  à Thaugsuban, 153 députés du Parti démocrate ont annoncé  leur démission afin de se joindre au mouvement populaire.

L’issu du conflit reste relativement incertain, les manifestants siègent toujours  dans des bâtiments ministériels et les conflits persistent. Les émeutes à ce jour auraient fait 8 victimes et plus de 400 blessés depuis décembre. Seule une trêve de  24 heures a été observée le 5 décembre en raison de l’anniversaire du roi Rama IX.

L’armée pourrait même être déployée pour encadrer les élections de février 2014, faudrait-il encore que celles-ci aient vraiment lieu. A ce jour, les opposants au régime maintiennent leur volonté de boycotter ces élections.

Charline STEVENS

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/12/28/thailande-tirs-sur-les-manifestants-a-bangkok_4340940_3216.html

http://www.courrierinternational.com/article/2013/12/12/suthep-thaugsuban-populiste-antidemocrate

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/12/27/le-gouvernement-thailandais-va-faire-appel-a-l-armee-pour-les-legislatives_4340570_3216.html

http://www.lepoint.fr/monde/nouvelle-ere-de-tumultes-politiques-en-thailande-23-11-2013-1761077_24.php

http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article1018

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