Madagascar: les élections de l’espoir ?

A Antananarivo, lors d'un rassemblement en faveur de Hery Rajaonarimampianina, le 23 octobre. | AP/Schalk van Zuydam

A Antananarivo, lors d’un rassemblement en faveur de Hery Rajaonarimampianina, le 23 octobre. | AP/Schalk van Zuydam

Vendredi dernier se tenait à Madagascar le second tour tant attendu des élections présidentielles ainsi que les élections législatives. Depuis 2009, le pays est gouverné par Andry Rajoelina qui avait préalablement « chassé » du pouvoir le président élu Marc Ravalomana. Un mandat de temporaire a donc été instauré par la Haute Autorité de Transition. Le constat de ces années Rajoelina est alarmant : l’économie atteint un stade critique et pour ne rien arranger la violence et l’insécurité gagnent du terrain.

La Grande Ile souffre d’un problème de dynamisme contrairement à certain de ces voisins africains qui ont su donner de l’essor à leurs activités économiques. En effet, le pays n’accueille que très peu d’investisseur étranger et les nombreuses fermetures d’entreprises déjà existantes font glisser doucement Madagascar vers une économie informelle. Les malversations sont nombreuses et variées, allant du trafic de bois rose, en passant par celui des animaux, des plantes ou encore des pierres précieuses. Mais pourquoi Madagascar est-elle laissée à l’abandon ? Le premier élément de réponse réside dans ses relations extérieures. La Grande Ile est mise à l’écart par la communauté internationale à cause de l’évincement non constitutionnel du président Ravalomana ainsi que de la mise en place de la Haute Autorité de Transition. Ainsi trois institutions ont clairement coupé leurs liens avec Madagascar en attendant que de  nouvelles élections soient organisées. A savoir  l’Union Africaine et le Southern African Development Country (La Communauté de Développement d’Afrique Australe). En 2009, les Etats-Unis ont également exclu provisoirement Madagascar de l’AGOA (African Growth and Oportunity Act), cet accord visait à soutenir l’économie des pays africains en leur facilitant l’accès au marché américain. Notons que la Banque Mondiale suspend également pour un temps son aide. En ce qui concerne la France, elle n’a même pas reconnu le gouvernement de transition depuis 2009 et n’a donc aucune relation diplomatique avec Madagascar.

La population malgache souffre de la pérennité de cette instabilité. La différence entre les villes et les campagnes est grandissante, cela crée une disparité de plus dans la société malgache. Il faut savoir qu’un habitant sur trois vit dans le monde rural et que plus de neuf habitants sur dix vivent avec moins de 2 dollars par jour selon la Banque Mondiale. Ainsi il n’est pas étonnant de voir grandir une haine contre les non-insulaires. Dans la mesure où le monde des affaires est très souvent dominé par une minorité souvent blanche ou venant d’Inde ou de Chine. L’exemple du massacre de 1976 à Majunga contre des comoriens ou encore les opérations contre les indo-pakistanais illustrent parfaitement le caractère précaire de la situation des étrangers sur le territoire malgache.

Les résultats de l’élection sont attendus avant la fin de l’année 2013. Les malgaches ont eu le choix entre Jean-Louis Robinson (issu du camp  Ravalomana) ou Hery Rajaonarimampianina soutenu par l’actuel président. Pour une poignée de malgache cette élection reviendrait à faire  « un choix entre la peste et le choléra « . En effet, rien n’indique qu’un changement radical sera opéré, certains analystes craignent même un retour à une nouvelle transition si les élections sont contestées alors que des controverses quant au financement des campagnes ont déjà vu le jour.

L’actuel président Andry Rajoelina est dans un « déni total » de la situation critique dans laquelle les habitants se trouvent. A titre d’exemple, un feu d’artifice a été organisé pour les habitants alors que les déchets de l’île ne sont même plus ramassés faute d’un budget communal suffisant. Il suit l’application bête et méchante du précepte romain Panem et circenses (Du pain et les jeux du cirque), qui consiste à amuser le peuple pour lui occuper l’esprit, tout en lui remplissant le ventre. Le seul souci, c’est que depuis 2009 il y a de plus en plus de jeux (feux d’artifice et autres fadaises) et de moins en moins de pain (ou de riz). Le taux de malnutrition qui grimpe en flèche l’atteste. L’Union Européenne a débloqué un fond d’urgence pour venir en aide à l’ile. Il faut également souligner que Madagascar est le premier pays au monde touché par la peste. Une nouvelle épidémie fait rage en ce moment et a déjà causé la mort d’une cinquantaine de personnes.

Charline STEVENS

http://www.rfi.fr/afrique/20131222-madagascar-elections-presidentielle-legislatives-vote-fraudes-observateurs-internationaux-ue-ua

http://www.courrierinternational.com/article/2013/12/19/un-second-tour-entre-ordures-et-feux-d-artifice

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/12/20/second-tour-de-la-presidentielle-et-des-legislatives-a-madagascar_4338189_3212.html

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/12/21/a-madagascar-l-epidemie-de-peste-se-rapproche-d-une-zone-touristique_4338501_3210.html

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