Au Mexique, une réforme énergétique sujette aux polémiques…

Alors que le secteur pétrolier mexicain se maintenait dans un système de nationalisation depuis 1938 et avait expulsé à cette occasion toutes les compagnies pétrolières étrangères, un changement majeur vient de s’amorcer. En effet, lors de son élection en 2012, le Président du Mexique, Enrique Peña Nieto avait annoncé un programme de réformes afin de relancer l’économie du pays. Le secteur énergétique était alors placé au cœur des projets à venir…  

(Tous droits réservés)

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Jeudi dernier, le 12 décembre 2013, après six heures de débats agités, le Parlement du Mexique a finalement adopté la réforme constitutionnelle mettant fin au monopole de l’Etat sur les ressources énergétiques que sont le pétrole, le gaz et l’électricité. Ainsi, suite aux modifications des articles 25, 27 et 28 de la Constitution mexicaine, la compagnie pétrolière Pemex (Petróleos Mexicanos) sera désormais ouverte aux investissements privés et étrangers ce qui est la condition primordiale, selon le Président mexicain, à la modernisation du secteur énergétique du pays.  Peña Nieto a d’ailleurs ajouté à cette occasion, via une déclaration sur son compte Twitter, que cette réforme permettrait au Mexique de « renforcer sa souveraineté et sa sécurité dans le domaine de l’énergie ». En effet, Pemex, qui représente un tiers des ressources fiscales de l’Etat, souffrait de difficultés importantes depuis cinq ans, aussi bien au niveau financier avec plus de 30 milliards de dollars de pertes cumulées, qu’au niveau de sa production avec près d’un million de barils par jour en moins depuis 2004. Concrètement, cette réforme devrait permettre la signature de licences et de divers contrats, que ce soit de services, de production partagée ou de profits. Toutefois, il ne s’agira pas d’autoriser l’exploitation directe ou l’extraction du pétrole par des compagnies privées.

Ce texte, approuvé dans son ensemble par le Sénat puis par le Parlement à 354 voix contre 134, découle d’un accord conclu en 2012, au moment de l’investiture de Peña Nieto. A l’époque, le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel), le PAN (Parti Action Nationale) et le PRD (Parti Révolutionnaire Démocratique) s’étaient engagés ensemble afin de pouvoir mettre en place les réformes nécessaires pour l’avenir du pays malgré l’absence de majorité au Parlement. Un des points de ce pacte affirmait que les hydrocarbures, y compris la production pétrolière, devaient rester la propriété exclusive de l’Etat mexicain. C’est sur la base de ce paragraphe que le vote de jeudi dernier a été rejeté et condamné par Jesus Zambrano, Président du PRD, ce dernier arguant qu’il s’agissait d’une « privation sauvage des ressources énergétiques » et que par conséquent « le pacte pour le Mexique était mort ».

Bien que sur la bonne voie, la réussite de ce projet n’est toutefois pas encore chose faite. Outre la nécessité de l’approbation par la majorité des 32 Etats fédéraux que compte le Mexique avant d’être promulguée par le Président Peña Nieto, la réforme pourrait être remise en question en 2015, lors des élections législatives, avec la présentation par le PRD d’un projet d’abrogation à travers un référendum.

Hélène DUPUIS

Source:

http://www.bbc.co.uk/news/world-latin-america-25350993

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