La Turquie face à la question kurde

Drapeau du PKK, (Tous droits réservés).

Drapeau du PKK, (Tous droits réservés).

Ce samedi 16 novembre, le dirigeant des kurdes d’Irak (Massoud Barzani) s’est rendu dans le Sud-Est de la Turquie afin d’y retrouver le premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Les deux hommes se sont rencontrés afin de favoriser le processus de paix entre les autorités turques et le mouvement PKK ( Parti des Travailleurs du Kurdistan). Cette rencontre historique, symbolise-t-elle une réelle avancée dans les relations entre les turcs et les kurdes ou une simple manœuvre politique ?

Depuis octobre 2012, les autorités turques avaient entamé des pourparlers avec le chef du groupe PKK, Abdullah Ocalan, enfermé depuis 1999 à Imrali, en Turquie. Ces négociations avaient pour but de mettre fin à 35 années d’affrontements ayant causé la mort de plus de 40 000 personnes. En mars dernier, l’organisation armée avait même retiré ses troupes vers le Nord de l’Irak après avoir décrété un cessez-le-feu. Cependant, depuis cette date, aucune avancée n’a été réalisée en vue d’une paix durable.
C’est à travers l’invitation de Massoud Barzani que le gouvernement turc souhaite affirmer sa bonne volonté envers le peuple kurde et envoyer un message pacifiste au PKK. Le président du gouvernement régional du Kurdistan en Irak est, en effet, une personnalité respecté par la communauté majoritaire du Sud-Est de la Turquie et représente un atout politique non-négligeable.

Erdogan choisit donc la voie de la séduction en invitant Massoud Barzani et en organisant cette rencontre à Diyarbakir. Cette ville, située en Anatolie du Sud-Est, est considérée comme la capitale du Kurdistan turc. Lors de cette rencontre, il va également prononcer le mot « Kurdistan », une première pour un chef de gouvernement turc. De plus, Ankara s’est assuré de la présence de personnalités comme les chanteurs Şivan Perwer et Ibrahim Tatlises mais aussi de la députée Leyla Zana du parti BDP, tous favorables à la cause kurde. Le gouvernement tente donc de renouveler son image sur le sujet le plus problématique de la vie politique turque.
Cependant, au-delà de l’aspect symbolique, la Turquie doit aussi illustrer sa volonté par des actions politiques concrètes et pas seulement par des promesses en période préélectorale (élections municipales en mars 2014 et présidentielles en août 2014). Pour cela, le gouvernement doit prendre en compte les revendications kurdes qui sont principalement : la reconnaissance de l’identité kurde et le droit à l’enseignement de la langue y compris dans les écoles publiques.

Enfin, même si les kurdes sont majoritairement installé en Turquie, la politique extérieure du pays face aux communautés installées en Irak ou en Syrie n’est pas toujours claire. Si l’État turc soutient les kurdes du nord de l’Irak représentés par Massoud Barzani en passant des accords pétroliers et en soutenant leur médiation face au pouvoir central, la politique concernant les kurdes de Syrie est diamétralement opposée. Ce vendredi, Abdullah Gül, le président turc s’est même déclaré contre l’établissement d’une administration kurde en Syrie pourtant à l’image du Kurdistan irakien.

Ronan Hélou

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2 réflexions au sujet de « La Turquie face à la question kurde »

  1. Vos affirmations sont imprécises, relatives et donc fausses. Votre vison héroïque. Croyez vous vraiment que l’on invite Barzani pour le peuple Kurde ou contre le PKK ? Croyez vous que le PYD est a l’image du Kurdistan Irakien ? Alors même que Barzani le condamne. La vérité est qu’Erdogan essaye de désamorcer une potentielle bombe relative a l’expansion des combattants Kurdes en Syrie et qu’il invite Barzani qui est lui également isolé, afin de mener une alliance des perdants. Sans évoquer le pétrole (et oui désormais la ligne Erbil Ankara va être ré alimentée) sans l’accord du gouvernement central !

    Et je n’évoque pas les deux chanteurs qui sont méprisés par beaucoup de Kurdes. L’un milliardaire a assisté au lynchage en 1999 d’Ahmet kaya, n’a pas mis les pieds au Kurdistan depuis 10 ans et l’autre quinquagénaire au goût prononcé pour les natures de ce monde, plus qu’au combat pour les opprimés

    • Francis, je ne vois pas en quoi ma vision est « héroïque ».
      Je cherche seulement à montrer qu’à l’approche des élections, Erdogan derrière sa tentative « maladroite » de ralliement des kurdes de Turquie dévoile surtout son alliance (des perdants ? je ne sais pas) avec Barzani.
      En ce qui concerne les kurdes de Syrie et d’Iran mon dernier paragraphe montre qu’en réalité, il s’agit plus d’un problème d’intérêts politiques ou économique (pétrole) que d’un problème d’identité kurde.
      Enfin, ma dernière phrase ne doit pas être interprétée comme une comparaison entre PYD et Kurdistan irakien puisque comme vous le soulignez Barzani le condamne. Je souhaite simplement poursuivre mon raisonnement en montrant que le problème est issu de divergences politiques. La Turquie n’est pas en soit contre une communauté kurde autonome puisqu’elle passe des accords avec Barzani en Irak, elle se montre d’avantage contre une gestion de cette communauté par le PYD avec qui les divergences sont fortes.

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