22ème Conférence Régionale d’Interpol à Oran : hausse de la coopération, mais a quand l’Afripol ?

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Ce 10 septembre 2013 s’est ouverte la 22ème conférence régionale d’Interpol à Oran pour trois jours de réflexion. L’objectif est de développer une coopération inter étatique basée sur la mise en commun d’expériences et d’innovations en termes de lutte contre la grande criminalité. Est au programme : la lutte contre le terrorisme, la piraterie maritime, le trafic de drogues,  et la coopération en terme de renseignement.  Cette année 170 hauts responsables des services chargés de l’application de la loi dans près de 44 pays d’Afrique ont côtoyé une dizaine d’organisations internationales. La conférence est particulièrement importante car elle succède aux nombreux troubles de ces dernières années ayant contribué à la prolifération d’armes de poings ; mais aussi au déplacement progressif de la piraterie maritime du Golfe d’Aden vers le Golfe de Guinée.

Fondée en 1962, elle se réunit tous les deux ans. Son objectif est de renforcer la coopération entre les états africains sur la sécurité, par la mise en commun des renseignements, des expériences et des innovations en matière de lutte contre la grande criminalité : lutte contre le terrorisme, la piraterie maritime, le trafic de drogues. Elle est organisée par la DGSN en collaboration avec l’Organisation Internationale de Police Criminelle (OIPC-Interpol).

L’accueil de la Conférence fait par l’Algérie, pour la deuxième fois (la première fois étant à Alger en 1997), n’a pas été fait au hasard. En effet, l’État algérien fait face aux terroristes du Sahel depuis plusieurs mois. De même, il doit lutter contre le trafic de drogue qui prend de l’importance notamment sur la frontière ouest. La déclaration du  24 juillet dernier à l’APS (Algérie Press Service) du ministre de l’Intérieur algérien, monsieur Daho Ould Kablia, illustre bien l’ampleur du problème : « L’Algérie mène une guerre. C’est une guerre contre une nouvelle forme de terrorisme. Il s’agit du trafic de drogue ».

170 hauts responsables des services chargés de l’application de la loi dans près de 53 pays d’Afrique ont côtoyé une dizaine d’organisations internationales  sous le haut patronage du Président de la République Algérienne, Abdelaziz Bouteflika. Le directeur général de la Sûreté nationale d’Algérie, le général-major Abdelghani Hamel et la présidente d’Interpol, Mme Mireille Ballestrazzi, le représentant du Conseil des ministres de l’Intérieur de la Ligue arabe ont pris part à cette conférence. Celle-ci est particulièrement importante car elle succède aux nombreux troubles de la région du Sahel ; mais aussi au déplacement progressif de la piraterie maritime du Golfe d’Aden vers le Golfe de Guinée.

Il est intéressant de retenir quelques points essentiels de cette conférence. Le premier est  l’adoption d’un plan stratégique 2014-2016 avec la mis en place, par tous les pays, du système de communication sécurisé d’Interpol (I-24/7). L’élargissement de ce système pour les pays d’Afrique avait déjà été commencé lors de la 19e Conférence régionale à Arusha (Tanzanie) en 2007. Le deuxième point se rapporte au traçage des armes illicites. Suite au Printemps Arabe, la circulation des armes n’a fait qu’augmenter, donnant ainsi des moyens supplémentaires à la grande criminalité. La Conférence a donc demandé à Interpol d’ajouter à son système de gestion des données sur les armes illicites et leur traçage, des informations sur des armes à feu connues ayant été perdues, volées ou faisant l’objet de trafic ou de contrebande. Autre point d’importance lié à la lutte contre les trafics de drogue la demande de mise en commun de l’ensemble des informations sur les trafiquants et leur réseaux ainsi que le renforcement des surveillances aux frontières.

Même si cette Conférence a permis l’augmentation de la coopération entre Etats Africains en matière de sécurité et de lutte contre la criminalité, la piraterie et le terrorisme et que le souhait de ces pays est de créer l’organisation africaine de la police criminelle (Afripol) ; la réalité vient rattraper le désir et la pauvreté des principaux pays et limiter le développement. Les propos du directeur de la police judiciaire et chef du BCN (Bureau Central National) d’Alger, Abdelkader Bouhadba : «Vous pouvez avoir toute la technologie possible, le passeport biométrique, le réseau de données d’Interpol, etc., mais que pouvez-vous faire avec un service de police africain qui ne dispose même pas d’équipement informatique faute de moyens ?» nous permet de nous demander à quand l’Afripol ?

Thibault Dewynter

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