Et pour quelques dollars de plus…La question du financement de la reconstruction nationale post-conflit

Irak champs pétrole

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Aussi sûr que l’argent est le nerf de la guerre, il est aussi une condition primordial pour la reconstruction d’un pays après une période de conflit. Qui finance la reconstruction d’un état? A travers l’étude des fonds étatiques, internationaux et privés, tentons d’y voir plus clair dans cette thématique souvent opaque qui recèle de nombreux enjeux cachés.

  • Les fonds étatiques :

Ceux-ci sont donc livrés directement par d’autres États, généralement ceux ayant participés à la résolution du conflit. Ils se répartissent de la manière suivante : des aides monétaires ou matérielles sont allouées à l’état ou à des régions administratives du pays dans le but de financer de grands programmes (reconstruction de routes, télécoms, hôpitaux…) ou bien des actions locales (pompe à eau pour les puits, écoles primaires…). Les déclarations officielles des gouvernements font états de « dons » alors que l’on peut y voir des actions intéressées. Dans le cas des grands programmes ce sont des entreprises étrangères qui bénéficieront des appels d’offres (ils disposent des moyens techniques, de la main d’œuvre qualifiée…) et ainsi participeront à la reconstruction du pays. Cette technique appuyée par l’Etat intervenant permet d’implanter de grandes entreprises nationales sur de nouveaux marchés tout en légitimant l’action armée précédente par la voie de la reconstruction nationale. Ce type de financement nécessite au préalable un début de renflouement des caisses de l’Etat hôte. Samedi 1er décembre 2012, Pierre Moscovici a déclaré à Abidjan la signature d’un Contrat de désendettement-développement (C2D) qui doit apporter 630 millions d’euros sur 3 ans à la Côte d’Ivoire. De plus l’effacement de la dette du pays envers l’hexagone a été prononcé, supprimant 3,76 milliards d’euros.

  • Les fonds internationaux :

Toujours en Côte d’Ivoire, en avril 2012, la commission européenne a décidé de débloquer 180 millions d’euros pour la reconstruction du pays, principalement investis dans le secteur économique. L’effort principal dans ce domaine est réalisé par la Banque Mondiale (ou Banque Internationale pour la reconstruction et le développement économique – BIRD), présente dans la plupart des pays de la planète. Elle répartie  les aides financières, coordonne des projets humanitaires et économiques tout en veillant à sortir les sociétés de l’état de crise. Une des actions les plus notables s’est effectuée au Rwanda après le génocide 1994. La BIRD a planifié un programme en 4 points : 1) approfondir les réformes notamment pour le climat des affaires 2) investir dans les grandes infrastructures (électricité, transports, TIC) 3) accroitre le niveau de productivité agricole 4) investir dans le renforcement de compétences nécessaires à la modernisation de l’économie. Ce plan de bataille est nommé « Vision 2020 » et doit permettre au Rwanda de s’élever et de sortir d’une crise économique profonde. Il s’agit aussi de faire reconnaître le pays par ses voisins comme un acteur régional désireux de s’investir dans l’économie des Grands Lacs, les discussions économiques permettent de renouer le dialogue avec les anciens ennemis et ainsi de favoriser la condition sécuritaire régionale.

  • Les fonds privés :

Ceux si sont proviennent de multiples acteurs économiques. Il peut s’agir d’investisseurs financiers étrangers, d’Organisation Non Gouvernementales (ONG), de fonds privés d’investissements ou bien de donations privées. Ces modes de reconstruction économique permettent le financement de microprojets ciblés en fonction de l’objectif de l’investisseur/donateur. Le microcrédit fait aussi son apparition depuis une dizaine d’année. Des acteurs privés s’insèrent dans la reconstruction économique des états en sortie de crise en proposant du microcrédit. A titre d’exemple, le Burundi qui a subi une guerre civile à partir de 1993 et qui a duré plus d’une dizaine d’année base sa reconstruction sur la micro finance et les microcrédits. La Coopérative d’Epargne et de de Crédit pour l’Auto-Développement (CECAD) est au cœur de cette politique. Toutefois il apparaît comme très compliqué d’instaurer cette néoéconomie dans l’un des pays les plus pauvres du monde, ravagé par la guerre.

Le financement de la reconstruction d’un pays est donc un enjeu majeur pour celui-ci, c’est l’avenir de tout un peuple qui se joue lors des tractations internationales ou des appels d’offres. Cependant, au delà de la vision humanitaire il est important de comprendre les véritables ambitions des « partenaires » internationaux, il en va de la stabilité de régions entières.

Alexandre GIRARD

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