Compte rendu du Side event organisé par le CIRID, à l’ONU (2/3)

Débat sur la gouvernance et les droits humains en Afrique post-conflits.

ImageTous droits réservés

            Ce side event est axé en plusieurs objectifs de discussions, surtout en ce qui concerne la région des grands lacs pour donner une précision géographique (Burundi, Rwanda, RDC). Le premier concerne le concept d’impunité et que faire pour le comprendre et l’endiguer car selon les termes de Déo Hakizimana « c’est elle (l’impunité) qui règne dans cette région (des grands lacs) ». Le second axe réside dans le dialogue et que faire pour qu’il s’enracine. En effet, une réflexion est portée sur des cas concrets des différents espaces africains.

            L’allocution commence par évoquer la RDC et notamment la présence de 19 000 casques bleus, mais ce n’est pas suffisant. En effet, Déo Hakzimana insiste sur le fait que la RDC doit profiter des actions du CIRID et de l’expérience burundaise pour trouver et construire processus de stabilisation de la paix et de la reconstruction. Le Burundi fait un exemple parfait de la réussite de ce processus qui a lieu entre 1963 et 1969. Un problème est cependant évoqué, celui de la « victimisation », car les victimes ne se manifestent pas ou rarement, ce qui implique qu’il n’y a pas de recherches des criminels. Ainsi, il faut créer un système permettant la victimisation car s’il y a des victimes, il y des criminels. De même, il faut absolument un travail interne sous la forme de tribunaux ou de conseils de vérité sur les modèles des CVR (Commission de la Vérité et de  la Réconciliation) initiés en Afrique du Sud par Desmond Tutu ou des gacaca rwandais. Cependant, il manque encore des acteurs efficaces et moteurs pour instaurer un dialogue performant dans la région des grands lacs et dans toute l’Afrique d’ailleurs. Déo Hakizimana prend l’exemple du Mali, et parle des français en disant qu’ils « vont gagner la guerre mais que maintenant ils vont devoir gagner la paix », ce qui va nécessiter une cohésion des maliens et pas de velléités séparatistes comme ce fut le cas au Soudan.

            En ce qui concerne l’impunité, Marc Morel est intervenu, juriste en Droit international pénal et Droit international humanitaire, son discours permet de comprendre certains mécanismes. Le premier point sur lequel il insiste est la nécessité d’être sur place pour comprendre les enjeux locaux tout autant que les réalités du terrain. Le deuxième point est la tentative de jugement avec le TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda), qui s’est révélée beaucoup trop rigide dans son mode de saisi des crimes, tandis que la CPI (Cour Pénale Internationale) est à l’inverse trop large. Pour lui la solution à l’impunité réside dans un fort lobbyisme et dans la création d’une forme de « justice hybride » collant à la réalité culturelle locale mais aussi aux grands principes du droit international.

            Le but du CIRID est « d’allumer une chandelle » de sensibiliser les ambassades présentent à Genève. De même le CIRID veut arriver à un consensus pour faire respecter le droit international, trop bafoué ou ignoré à cause de son caractère supranational; d’où sa volonté d’instaurer un dialogue efficace.

J.RETIF

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s