L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme,ou le paradoxe de l’information en temps de guerre

Drapeau révolutionnaire syrien

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L’observatoire Syrien des Droits de l’Homme est la seule institution qui communique actuellement sur le nombre de morts en Syrie. La plupart des médias occidentaux citent l’OSDH comme source pour rapporter des attentats ou bien des morts suite à des combats en Syrie. Cependant qui est véritablement derrière l’OSDH ? Comment cette organisation parvient elle à récupérer autant de données en plein milieu d’une guerre civile. La plupart des observateurs étrangers ne comprennent pas grand-chose au conflit, il ne reste que très peu d’ONG sur place (et celles qui le sont restent à Damas ou ne sortent pas de la capitale sans escorte massive) et les journalistes tombent régulièrement dans les feux croisés.

Londres accueille le siège de l’OSDH, cette organisation communique très peu sur elle-même car elle se consacre au recueil d’informations en provenance de Syrie. Son réseau serait constitué principalement de médecins, d’humanitaires syriens ou étrangers, de commerçants…

Le site internet de l’OSDH fournit d’ailleurs très peu d’éléments sur la constitution de l’organisme ou bien ses différentes ramifications. Elle souligne néanmoins que sa création remonte à Mai 2006 et que “The Syrian Observatory for Human Rights is not associated or linked to any political body”[1]. Cette indépendance est cependant contestée, que ce soit en interne comme par divers acteurs internationaux.

Alain Chouet, ancien directeur de la Délégation Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) qui a passé une partie de sa vie à Damas et à travaillé sur le cas syrien. Selon lui, l’OSDH est une émanation des Frères musulmans qui soutiennent la lutte contre Bachar Al Assad. De plus, la question du financement est importante, Alain Chouet précise qu’il serait d’origine saoudienne ou qatarie[2].

Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo)  et spécialiste de la Syrie (il y a vécu dix ans), est du même avis. Dans un article du journal La Croix[3] , Fabrice Balanche décrit l’OSDH comme une institution largement inspirée des Frères Musulmans et financée par les médias arabes (Al Jazzera). L’objectivité du média cité en source par Reuters ou bien l’AFP est donc très sérieusement mise en cause.

D’autant plus que l’histoire de sa création par Oussama Suleiman connu initialement sous le pseudonyme d’Rami Abdel Rahmane, réfugié syrien exilé à Coventry. Cet homme tient une des agences de presse les plus lues au monde dans un bureau de 4m², à des centaines de kilomètres du front syrien, sans aucune formation juridique ou journalistique, quand il n’est pas occupé à tenir la caisse du magasin de vêtements où il travaille.

L’histoire de l’OSDH aurait pu passer inaperçue et rester un réseau d’activiste comme il en existe des dizaines sur la Syrie. Cependant cet organisme est aujourd’hui la seule source pour la majorité des médias occidentaux sur le conflit syrien. Ses informations sont relayées quotidiennement par les journaux et chaines TV sans véritable recoupement des données.

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