L’armée malienne vue par « Jeune Afrique », ou comment anticiper l’opération française au Mali.

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La défaite de l’armée malienne contre les terroristes d’AQMI a fait prendre conscience à l’opinion internationale de la nécessite d’enclencher une action forte pour soutenir Bamako, cela s’est traduit le 11 janvier dernier avec l’opération Serval. Jeune Afrique, en décembre, a publié un dossier sur l’état des armées africaines. Retour sur la situation de l’armée Malienne à la veille de l’intervention française.

Cette armée nationale est formée depuis longtemps par les occidentaux (surtout français et américains) qui injectent des millions pour sécuriser la zone saharienne. Le bilan exprimé à ce sujet par le patron de l’Africom en décembre dernier n’est pas glorieux : selon le général Carter F. Ham, les chances de réussite d’une intervention seule des forces africaines n’a que peu de chance d’aboutir, car ces unités ne sont pas formées à la guerre offensive et ne possèdent pas l’armement adéquat pour vaincre les djihadistes du désert.

 De plus, la motivation des troupes est au plus bas, note JA, les troupes maliennes lors de la débâcle face à AQMI, se sont senties trahies par Bamako qui avait une crainte surdimensionnée de voir une « cinquième colonne » émerger. Les distributions de munitions deviennent sporadiques et très contrôlées, les ordres rarement décisifs. Certainement une séquelle profonde du coup d’Etat militaire de mars 2012… Cette situation, selon l’article du périodique (numéro 53) n’est pas seulement imputable au Mali mais aussi à d’autres pays (RDC, Centrafrique…) et entraine une chute inexorable du moral des troupes et du ressentiment de la population envers ses soldats. Les recrutements deviennent difficiles et le manque de soutien des civils affaibli une armée déjà mis à mal.

A cela s’ajoute une solde mensuelle de 120$ (contre 190 au Sénégal ou 240 au Burkina Faso) qui n’arrive pas toujours dans les poches des soldats : la corruption endémique qui touche l’administration favorise le détournement de l’argent étatique dédié aux soldes. Ces abus créés ainsi des tensions au sein de l’armée, ce qui favorise les désertions, véritables plaies des armées africaines. Le colonel Séga Sissoko déclarait d’ailleurs à ce sujet en décembre à JA que « le népotisme et la corruption jadis proscrits ont atteints le commandement ». Une situation qui n’aide pas le commandement à se consacrer à ses vrais objectifs et qui fait oublier des points névralgiques de la guerre comme l’est le renseignement. Celui-ci était presque exclusivement utilisé par AQMI dans le Nord du pays et complètement oublié par l’Etat-Major malien. D’ailleurs, les chefs militaires se sont embourgeoisés selon JA, à tel point que certains commandants, d’origines Touaregs, auraient créés leurs propres « baronnies » échappant à Bamako. Quant aux officiers formés dans les écoles de commandements européennes, ils se sont retrouvés à des postes secondaires dans des provinces reculées, sans réel pouvoir de décision.

Tous ces éléments mis bout à bout permettent de mieux comprendre la situation actuelle au Mali, pourquoi une armée sois disant bien formée a-t-elle été vaincue par des forces extérieures mais aussi par ses ennemis de l’intérieur. Les soldats maliens n’avaient aucune chance car on ne leur en a laissé aucunes.

Alexandre Girard

Lien vers la source : http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2709p026_033.xml0/

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