La schyzophrénie de la politique étrangère russe

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Durant la crise syrienne, la Russie et la Chine ont posé, à trois reprises, leur veto annihilant tout plan de paix mis en place par l’ONU et empêchant toute résolution du Conseil de sécurité. La Russie et la Chine condamnent, de cette manière, la répression menée contre le régime syrien. Dans le même temps, les transferts d’armements en provenance de Russie continuent d’alimenter la défense du pouvoir sanguinaire d’Al-Assad. Lors d’une récente conférence de presse, Anatolin Isaikin, directeur de Rosoboronexport (principal exportateur d’armes russe) a déclaré que « nous continuons à remplir nos obligations sur les contrats de fourniture de matériel. » Les contrats d’armements syriens, passés avec la Russie il y a plusieurs années, continuent donc d’être honorés en toute connaissance de cause. En effet fin janvier, la Russie, par la voix du premier ministre Medvedev, marquait un pas de retrait vis-à-vis de la Syrie : elle jugeait « peut-être fatale » de ne pas avoir invité l’opposition pacifique à des négociations et d’avoir tardé à mettre en place des réformes.

Cette situation paradoxale se dessine, également, dans le contexte de l’intervention français au Mali aux côté des forces africaines. Le 16 janvier dernier, Mikhaïl Margelov, représentant de la présidence russe pour l’Afrique, affichait son soutien à l’opération au Conseil de sécurité : « « Nous pensions et continuons de penser que les Maliens doivent recevoir un soutien légitime, et l’opération menée sous les auspices de l’ONU et de l’Union africaine doit se diriger contre les radicaux et les terroristes ». Il a même été question d’envoyer un avion pour le transport d’armes légères.  On peut s’étonner d’une telle position étant donné celle adoptée en Syrie. Il semblerait, d’une part que le sacro-saint argument de l’« intégrité du territoire nationale » malien et les enjeux miniers, d’autres part, entrent largement en compte pour comprendre la position russe. Une position d’autant plus schizophrénique que le ministre des affaires étrangères russes, Sergueï Lavrov, déclarait à la télévision russe en amont de sa visite à Alger le 11 février, qu’ « Au Mali, la France lutte contre ceux qu’elle avait armés en Libye contre le régime de Kadhafi en violant l’embargo du Conseil de sécurité de l’ONU ». Ce tacle diplomatique fait directement écho à l’intervention française, américaine et britannique en Libye (19 mars 2011 – 31 octobre 2011), lors de laquelle la Russie s’était sentie trahie.

L. TESSIER

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